HD-DVD vs Blu-ray : Dernier chapitre

Mardi 19 Février

HD-DVD vs Blu-ray : Dernier chapitre
Par Richard Czapla

Il fallait s'y attendre… comme nous vous le disions la semaine dernière, depuis l'annonce faite par Warner au début du mois de Janvier de devenir un supporter exclusif bleu, les choses s'accélèraient nettement en faveur du Blu-ray. Producteurs, éditeurs, industriels, commerces,.. nombreux fûrent les groupes à prendre le train en marche sans que Toshiba et le clan rouge ne puissent réagir.
Tout est allé trop vite, une avalanche de communiqués en moins de deux mois aura suffi pour que l'un des deux géants jette les armes.

Nous allons essayer d'expliquer rapidement ce qui a amené l'HD-DVD à l'échec :

- La PS3

Le point numéro 1 est la dernière née des consoles de jeux de Sony. En effet, elle a été sous-estimée par le camp adverse qui ne voyait pas en elle un lecteur Blu-ray. Ce fut sans doute la plus grosse erreur de Toshiba, car même si son lancement fut assez lamentable et que les critiques vis à vis des jeux sont présentes, ce n'est pas le cas pour sa qualité d'image en haute définition.
La PlayStation 3 se révèle en effet être une platine DVD et BD de très bonne facture et doucement, elle s'implante dans plusieurs millions de foyers dans le monde.

Même si le nombre de films achetés par platine est quatre fois supérieur du côté HD-DVD, le nombre de lecteur potentiel est dix fois supérieur du côté bleu. Ainsi, même si les possesseurs d'une PS3 n'investissent que dans un seul film, le nombre d'unités écoulées devient vite plus important.


- Les Studios

L'HD-DVD avait les cartes en main au départ avec le soutien de Warner, Universal, New Line,.. ainsi que celui de studios plus "locaux" comme Studio Canal. Par contre, le lancement du format comme tout nouveau format a pris un peu de temps, les semaines s'écoulent et Sony, qui pouvait déjà compter sur le soutien logique de Sony Pictures (ex Columbia) et Disney, gagne un allié supplémentaire avec la Fox.
Vers la fin de l'année 2005, Warner et Paramount deviennent neutres, coup difficile pour Toshiba qui tentera de relever la tête en s'offrant les services de ce dernier, mais sans arriver à obtenir un accord avec Disney ou Fox.

Enfin, avec la décision de Warner juste avant le lancement du CES2008, le groupe HD-DVD perdait le studio ayant les plus grosses parts de marché. Blessé, Toshiba pose un genou à terre, mais ne parviendra plus à se mettre debout.


- Marketing

Dans ce domaine, vastes sont les sujets de discussions. Nous avions tenté d'évaluer les chances du HD-DVD une semaine après l'annonce de Warner avec notamment cette dernière partie en page 3, mais, mis à part le prix des lecteurs sur lequel Toshiba a effectivement fait un énorme effort, les autres points n’ont pas évolué.

La compagnie n’a pas assez de soutien sur le marché des platines de salon, Toshiba quasi seul d’un côté contre Sony, Panasonic et Samsung de l’autre. Et encore, nous parlons ici des acteurs principaux, arrivaient Philips, Sharp, Marantz, Denon,…

L’image de Sony plus importante aux yeux des consommateurs a également joué en faveur du camp bleu. De plus le groupe de promotion a aussi plus investi dans la communication, la publicité, les bornes avec un écran Full HD connecté à une PS3 dans la plupart des grandes enseignes avec des démos de jeux, mais aussi de films pour bien rappeler que cette console est avant tout un médiacenter.

Au niveau des magasins, la réputation de Sony n’aide pas non plus Toshiba qui est tout de suite jugé comme un support de moins bonne qualité et qui ne durera pas, alors que finalement, la meilleure platine HD actuelle reste la Toshiba HD-XE1.
Sur un autre critère, Sony a eu l’avantage de sortir de gros titres exclusifs en 2007 (le dernier Pirates des Caraïbes, Spiderman 3 et Casino Royale) qui étaent à la fois des blockbusters mais aussi des nouveautés, alors que de son côté, Toshiba avait surtout des rééditions, certes à succès, mais qui forcément, n'avaient pas le même impact.

Le camp rouge aura bien tenté de redresser la barre, mais il est déjà trop tard. Aussi, le fait d’offrir des films à l’achat d’un des lecteurs HD-DVD sera vu comme un atout, mais finalement, se transformera comme un inconvénient car du coup, le consommateur n’en achèterait pas d’autre dans l’immédiat.
Si nous rajoutons la carte du combo HD-DVD/DVD mal exploitée, Toshiba a de quoi regretter certains choix pris lors de son parcours. En jouant plusieurs billets sur ce point, l’HD-DVD aurait pu réaliser de beaux résultats au niveau des ventes de films et par la même occasion, permettre aux personnes non équipées en lecteur HD, de se créer déjà une vidéothèque dans ce format.


Bref, nous n’allons pas nous étendre d’avantage sur le sujet sur lequel nous pourrions encore parler des heures (Le fait que les platines Blu-ray ne soient pas aptes à profiter de tous les bonus ou interactivités par exemple).
Au final, nous pensons que cette guerre a eu du bon dans le sens où cela aura permis d’arriver à des prix plus agressifs et dans un autre contexte, à faire connaître ces deux formats. Oui, il y aura sans doute bon nombre de déçus, même si chacun sait qu’il fallait un vainqueur. Heureusement, l’avantage de ces deux technologies se situait aussi sur le fait qu’elles étaient compatibles avec le format auquel elles prétendaient succéder.

Notre métaphore de cette guerre pourrait se résumer par une étape du tour de France : Toshiba est parti en échappée solitaire, mais n’a pas su résister au retour du peloton.
Espérons maintenant que la Haute Définition va connaître le décollage qu’elle mérite et qu’au passage, la qualité, les sorties et les prix des films vont suivre le mouvement.


Lire le communiqué officiel de Toshiba

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