Test du Epson EH-TW4400 par un utilisateur

04/01/2010
TEST EPSON EH-TW4400 par Greg alias Worf
Ce test d'utilisateur n'engage que son auteur

En préambule, je tiens à remercier le service presse d' Epson pour le prêt de cet appareil. Après avoir testé le navire amiral de la marque, le TW5500 et sa conception le destinant à une utilisation dans une salle dédiée, nous allons pouvoir l' opposer à son petit frère le TW4400. Ce dernier est pourvu de quasiment toutes les options de son aîné mais sa livrée blanche, ses modes de couleurs et de luminosité le prédestine à être positionné dans un salon. Ce sont là des arguments commerciaux avancés par la marque. Concrètement, un écart tarifaire de 400 euros est-l justifié ? La différence à l'image est-elle perceptible ? C'est à ces questions que je vais m'efforcer de répondre avec ce nouveau test.

Nous allons examiner ensemble les différences visuelles et mesurées entre le TW5500 et le TW400.


Présentation des données constructeurs :

Vidéoprojecteur 3-LCD
Résolution : 1920 x 1080 
Panneaux : 0,74” 
Luminosité : 1600 ANSI Lumens 
Contraste natif : -
Contraste dynamique : 130 000:1 

Connectiques :
HDMI : 2 
YUV : 1 
Composite : 1 
S-Vidéo : NC 
RS232 : NC
Trigger : NC 

Vidéo :
C2 fineD7 DeepBlack
Pixelworks

Installation :
Zoom : x2.1 
Mise au point : manuelle 
Lens shift vertical
Lens shift horizontal 

Généralités :
Bruit du ventilateur : 22dB (mode normal) 
Garantie 3 ans



FINITION :

L'appareil :

Le projecteur est présenté dans une belle livrée blanche et est imposant. L'esthétisme et la finition ne souffrent aucun reproche. Les commandes manuelles de zoom et de focus sont positionnées sur le haut de la coque de l'appareil. Le refroidissement de la lampe s'effectue par des ouvertures frontales, ne laissant filtrer aucune lumière. 

Devant :

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Dessus :

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Autre particularité intéressante pour nous autres consommateurs, la lampe est garantie pendant 3 années tout comme le projecteur et l'assistance se fait sur site en cas de panne avec prêt d'un autre projecteur. Pour l'utilisateur final c'est vraiment la panacée.


Le panneau de connectique :

Le projecteur dispose de deux prises HDMI 1.3 deep color, d'une entrée VGA, d'une entrée composante, une composite et une s-vidéo.

Derrière :

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La lampe :

De type e-torl UHE de 200 watts elle est donnée pour une durée de vie de 4000 heures et consomme en fonctionnement 284 watts. Le système de refroidissement est relativement silencieux en mode lampe économique mais il s'accroît de façon perceptible en mode lampe normal.

INSTALLATION :

Le projecteur est équipé d'un lens-shift vertical et horizontal malheureusement manuels, c'est ici un des points faibles du projecteur positionné sur un concept haut de gamme, une gestion motorisée du focus et du zoom aurait été bienvenue.

Le rapport de zoom est de 1:2:1 pour exemple une image de 2 mètres 50 de base est obtenue avec un recul minimum de 3 mètres 50.



TÉLÉCOMMANDE :

Simple, blanche comme le projecteur, elle est rétro-éclairée et ne souffre pas de problèmes de directivité. Les différentes sources sont directement accessibles, ainsi que les modes couleurs, le gamma, le sharpness, le réglage étendu de couleurs et une option mire.

Télécommande :

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MENUS :

Les menus :

7 modes de couleurs préréglés en usine sont disponibles, dynamique, théâtre, naturel, salle de séjour, noir théâtre 1 et noir théâtre 2, x.v color. 5 valeurs de gamma échelonnées de 2.0 à 2.4 sont également proposées. 

A ces valeurs prédéfinies, il faut ajouter 10 blocs de sauvegardes mémoires permettant de conserver vos valeurs de calibration. Le projecteur est particulièrement bien fourni pour gérer et régler les couleurs et le gamma au plus proche de la norme. Ainsi un menu Offset et gain permet d'ajuster les niveaux RVB. Différence par rapport au TW5500, le 4400 ne dispose pas de switch de gamut.

Enfin les valeurs de teinte, saturation et luminosité pour les primaires et les secondaires sont également ajustables grâce au menu de réglages avancés des couleurs.

Le gamma est particulièrement bien géré avec le mode 2.2 très linéaire en sortie de boite, il ne nécessite pas de correction et est positionné à la valeur annoncée de 2.1. Si ça ne suffisait pas une option permet de faire ses propres réglages en s'aidant directement de l'image projetée ou d'un graphe de réglage de gamma.

Les menus en vidéo :




RESULTATS :

Je pensais que je pourrais faire un copier/coller de mon test du TW5500, ce n'est pas le cas, il y a quand même des différences. Première contrariété, le TW4400 n'a pas de gestion de gamut, les modes usine sont également calibrés différemment. Les meilleurs résultats en sortie de boîte sont obtenus avec le mode x.v.color

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CONTRASTE ET LUMINOSITE : 

Quelques mesures de luminosité comparative entre le TW5500 et le TW4400 :

J'ai pris les deux modes qui après mesures se rapprochaient le plus de la norme pour être équitable.

TW 5500 Calibré en mode lampe bas, mode usine naturel : 416 lumens
TW 5500 Calibré en mode lampe haut, mode usine naturel : 731 lumens


TW 4400 Calibré en mode lampe bas, mode usine x.v color : 448 lumens
TW 4400 Calibré en mode lampe haut, mode usine x.v color : 576 lumens 


Une petite mesure de contraste natif sur le mode salle de séjour : 8631:1 avec une valeur de noir à 0,041 

GESTION DE L IRIS DYNAMIQUE ET AMELIORATION DU CONTRASTE :

Que ce soit en mode normal ou rapide, il est particulièrement bien géré, et avec le mode super résolution activé dans ces deux modes, on a aucune impression visuelle de perte de dynamique (luminosité).
En revanche il vaut mieux éviter l'activation des options amplification du contraste qui ont le désagréable inconvénient de boucher les noirs. Les meilleurs résultats sont obtenus avec simplement l'iris dynamique activé.


NETTETE/PIQUE : 

Le TW4400 doit être étudié sur ce critère d'évaluation de deux manières, sans options d'amélioration des détails activées, on arrive à une image relativement douce même en haute définition. En revanche dès que l'on active le mode super résolution on entre dans un autre monde, que ce soit sur sources SD ou HD, les bénéfices de cette option pris en charge par une puce dédiée NEC sont tout de suite visibles. Les meilleurs DLP sont poussés dans leurs retranchements, le TW5500 vient taquiner leur précision d'image. Ce mode doit être positionné dans les 2 premiers niveaux (1, 2 et 3) pour bénéficier de tous les avantages en précision sans les inconvénients du grain qui devient visible en mode 3.

Le mode super résolution en image :




COLORIMETRIE ET GAMMA :

Des 5 modes de gamma proposés, celui référencé 2.2 est linéairement positionné à 2.1. En revanche aucun des modes couleurs d'usine ne permet de se rapprocher des 6500k, une calibration s'impose. Le diagramme CIE dans l'espace de couleur HTDV n'est pas trop éloigné de la norme en sortie d'usine (mode x.v color) et peut être corrigé facilement à l'aide du menu de gestion avancé des couleurs, particulièrement efficace , il est également particulièrement simple à mettre en œuvre lorsqu'on dispose des outils de mesures adéquats.

Il est nécessaire de rappeler ici que le TW4400 dispose de tous les outils nécessaires pour amener l'image à la norme.

Après calibration, en nous basant sur le mode naturel, nous avons obtenus les résultats suivants :

Calibration sur le mode naturel :

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Il est en revanche dommageable de ne pas pouvoir intervenir sur les réglages de colorimétrie du mode x.v. color dont l'espace de couleurs colle quasiment parfaitement à la norme HD. En effet l'espace colorimétrique du mode naturel est trop étendu en sortie de boîte.


Le diagramme CIE dans le mode naturel est beaucoup trop étendu :

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FLUIDITE :

Le 1080p24 est traité et accepté parfaitement par le TW4400, mais une amélioration de la fluidité passe impérativement par l'activation du dispositif d'insertion de trames réglables sur 3 niveaux, bas, moyen ou fort. Cette option est encore une fois dépourvue des défauts de la génération précédente, le traitement vidéo visant à éviter le judder est efficace non seulement sur les travellings horizontaux mais également verticaux. Pour les puristes, cette option peut être parfaitement utilisée sur des films sans les transformer en programmes vidéos dans les modes bas et moyen. Vous y gagnerez en fluidité mais également en précision d'image, conjugué à l'option super résolution on arrive à un degré de précision rarement atteint en vidéo projection.

ARTEFACTS LCD :

Shading : aux abonnés absents
Vertical banding et effet de grille : aux abonnés absents
Décalage de convergences : visible sur mires, décalage du bleu d'un demi-pixel


RENDU DE L IMAGE :

Conditions de test : ECRAN de 2M00 de base, source PANASONIC BD35, Lecteur liaison HDMI, BLU-RAY ALIENS VS PREDATOR 1 et 2/QUANTUM OF SOLACE/ 
DVD PAL : RAMBO 4

Réglages recommandés : 

Mode couleur usine x.v color, lampe haut, gamma 2.2, super résolution mode 2, insertion de trames bas. 

SOURCES SD :


Le dvd de rambo 4 met en évidence la qualité du traitement interne du projecteur sur base HQV. Il n' est pas nécessaire de coupler le TW550 avec une bonne source le projecteur faisant un excellent travail de mise à l'échelle et de désentrelacement. Le dvd de RAMBO 4, qui ne bénéficie pas d' un excellent pressage, profite ainsi de la puce HQV du TW5500. En y ajoutant l'activation de l'option super résolution, ce dernier opus des aventures de John RAMBO, retrouve des détails absents sur d'autres diffuseurs moins précis. 

SOURCES HDTV :

Sur nos scènes de tests d'aliens vs predator, la lisibilité des passages nocturnes est excellente, la gestion de l'iris dynamique avec un gamma bien positionné offrent un très bon rendu des scènes nocturnes. Le noir de l'espace qui entoure la terre alors que le vaisseau predator contourne la lune est profond, même en activant l'iris dynamique, les étoiles restent scintillantes. 

Sur casino royal, l'activation du mode super résolution conjugué avec le dispositif d'insertion de trames me permet de redécouvrir des passages et détails de ce james bond façon DANIEL CRAIG. La justesse des couleurs, l'excellente gestion du gamma et du contraste sont également perceptibles que ce soit dans l'arrivée du train au monténégro ou dans la prise en charge en véhicule pour un petit tour de la femme du perdant au poker. Le piqué est visuellement frappant dans le naufrage de la maison à la fin de Casino Royal, là pour le coup la super résolution creuse l'écart avec les derniers DLP que j'ai testé (à l'exception du vivitek).


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MATERIEL DE MESURES :

Logiciel de calibration HCFR
Sonde EYE ONE PRO
Luxmètre VEILEMAN
DVD de test HIVICAST

CONCLUSION 

UPSCALING : 5
ERGONOMIE : 4
REGLAGES : 4
BRUIT DE FONCTIONNEMENT : 3
CONNECTIQUE : 5
24P : 5
FLUIDITE : 5
COULEURS : 5
CONTRASTE : 5
NOIRS : 5
DEFINITION : 5

TOTAL : 51/55 (1 point de moins que le TW5500 en raison de l'absence de switch de gamut)


Nous avons aimé :

La bonne gestion de la colorimétrie 
La facilité de la calibration
Le gamma bien réglé d'usine 
Le rendu général de l'image
Le piqué
La fluidité
La dynamique d'image (rapport luminosité/contraste)
Le prix
Le traitement vidéo
Le mode super résolution
L'insertion de trames
La profondeur des noirs et l'excellent travail sur l'optimisation du contraste visible


Nous n'avons pas aimé :

La gestion du zoom/focus et lens-shift manuelle.
Le bruit de fonctionnement en mode lampe normal

En conclusion :

Le TW4400 est un excellent projecteur qui comme son grand frère bénéficie sur les sources SD des avantages d'un traitement vidéo HQV. Sa conception le différencie du TW5500 par une utilisation plus orientée dans un salon aux murs clairs que dans une salle dédiée (d'où la présence du mode salle de séjour). Il lui manque un switch de gamut et un meilleur réglage de la colorimétrie et du gamma en sortie de boîte par rapport au TW5500, mais il dispose de tous les outils permettant de revenir facilement à des valeurs plus proches de la norme.

Le TW5500 a été mon coup de cœur au dernier salon IFA de BERLIN en septembre 2009. Le TW4400 bénéficie du même crédit de sympathie. Globalement mesuré après calibration : le TW5500 est légèrement plus lumineux que le TW4400. Le TW5500 a un switch de gamut qui fait défaut au TW4400. La gestion software de l'iris est différente entre les deux appareils. Mais sur les performances globales, traitement vidéo SD/HD, piqué, fluidité l'image et contraste et luminosité subjectivement perceptible, tout ceci est bougrement similaire. Vous avez pu le constater en lisant mes tests respectifs de des deux appareils, dans bien des domaines d'évaluation, je n'ai pu que réaliser qu'un copié/collé de mes conclusions tant les résultats sont similaires.

Encore une fois, EPSON signe avec ces deux modèles, un bel exemple de ce qu'il est possible de produire de mieux comme projecteur home cinéma abordable. Ces deux projecteurs constituent «the state of the art » de la technologie transmissive de projection à panneaux lcd.
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