Test du Samsung SP-A800B par un utilisateur

15/03/2010
TEST SAMSUNG SP-A800B par Greg alias Worf
Ce test d'utilisateur n'engage que son auteur


Contrairement à nos habitudes, il ne s'agit pas ici d'un test d'un projecteur actuel. Le SAMSUNG SP-A800B est disponible à la vente depuis 2008, soit presque deux années après sa sortie, une éternité en matière de vidéo-projection. C'est donc avec un peu de retard que nous avons réussi à obtenir un exemplaire de test. Ce projecteur est encore disponible en petite quantité et difficilement trouvable aux alentours de 3000 euros. Nous avions mis en avant à l'époque l'inanité de son mode de distribution à l'époque de sa sortie et son inadéquation tarifaire par rapport aux réalités du marché de la vidéo-projection à l'époque (prix bloqué et réseau de revendeurs sélectionnés), 

Petit rappel, le SAMSUNG SP-A800BX est le premier projecteur DLP FULL HD issu de la collaboration entre Joe Kane, chantre de la calibration des diffuseurs vidéos et ardent partisan du respect de la colorimétrie dans le monde et le constructeur coréen. Ce partenariat est donc placé sur le respect des couleurs de l'œuvre initiale et sa restitution fidèle par votre projecteur. La conception de ce projecteur a été guidée par ce souci mais également avec un effort sur le bloc optique pour bénéficer d'une image à la netteté exemplaire. Nous allons nous attacher par le biais de ce nouveau test à vérifier concrètement quels sont les résultats à l'image obtenus par cet appareil et surtout vérifier si les arguments publicitaires mis en avant par les promoteurs de cet appareil sont concrètement au rendez-vous.

Présentation des données constructeurs :

Vidéo-projecteur Mono-DLP 
Résolution : 1920 x 1080 
DMD : 24,1 mm / 0,9 pouces 
Luminosité : 1000 lumens ANSI 
Contraste : 10 000:1 (iris auto activé) 
Résolution couleur : 62,2 millions (1 920 x 1 080 x 3 x 10 bits) 
HDMI : 2 
PC analogique : 1 
YCbCr : 1 
Composite : 1 
S-Vidéo : 1 
RS232 : 1 
Ampoule : 300 W UHP (Philips) 
Durée de vie : 2000h (mode éco) 
Zoom : manuel 
Plage de projection : 1,5 m ~ 14 m 
Lens shift : vertical manuel 
Bruit : Théâtre : 24dB, Luminosité : 30dB 
Consommation électrique : 410 W 
Télécommande retro-éclairée 
Dimensions : 431,3 mm(l)x468,5 mm(P)x198,8 mm(H) 

Prix indicatif : 3290 € TTC 

L'appareil :

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L'optique :

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Les commandes :

Elles sont déportées pour partie sur la coque supérieure. Le zoom et la mise au point sont manuels. L'appareil est pourvu d'un lens-shift vertical.

Le panneau de connectique :

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INSTALLATION :

L'optique du modèle permet d'obtenir une image de 2 mètres de base à 3 mètre 44 de distance. 

L'accès au lens-shift et sa molette de commande :

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TÉLÉCOMMANDE :

Simple, trop simple pour un appareil de cette gamme de prix. Elle est rétro-éclairée et s'allume dès que l'on effleure une touche. La plupart des fonctions et réglages sont accessibles directement en revanche, elle ne correspond pas dans sa conception à un projecteur positionné dans cette gamme de prix.

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MENUS :

Une vidéo de présentation des menus de l'appareil :



RESULTATS :

BRUIT DE FONCTIONNEMENT : 

Le projecteur est particulièrement discret, très bon point pour le constructeur sur ce critère d'évaluation.

CONTRASTE ET LUMINOSITE : 

Nous arrivons à 596 lumens luxmètre orienté vers le projecteur et non vers l'écran en mode lampe haut, le passage en mode lampe bas décroît la luminosité à 489 lumens. Le niveau de noir mesuré est un des plus mauvais obtenu avec un projecteur récent à 0.09. Ce résultat est visible à l'écran sur nos scènes de tests. Nous nous sommes abstenus de mesurer les valeurs obtenues avec l'iris dynamique, la mise en œuvre de ce dispositif engendrant visuellement une perte trop importante de la dynamique d'image.


NETTETE/PIQUE : 

Il s'agit là du point fort de ce projecteur, les heureux possesseurs de cet appareil vont pouvoir redécouvrir leurs films. Cette netteté d'exception, permet de découvrir tous les détails d'une image haute définition et de bénéficier du WOW ! FACTOR d'une image haute définition. Nous ouvrons ici une parenthèse pour effectuer une comparaison d'ordre plus générale entre les projecteurs DLP 1080p équipés d'une puce 0.95 et les nouveaux modèles budgets ou moyenne gamme pourvus d'une puce 0.65 au-delà de la qualité de l'optique, la dernière génération n'arrive pas à égaler en matière de netteté et de piqué les puces 0.95. 

COLORIMETRIE ET GAMMA :

Résultats mesurés :


Voici les relevés des différents diagrammes CIE usine du SAMSUNG, aucun ne correspond directement aux références, pourtant c'est ce point qui est mis en avant par les revendeurs de ce projecteur :

SMPTE-C

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HD :

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EBU

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Le relevé du gamma en mode cinema à 2.5

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Et enfin la température de couleurs et les niveaux rvb toujours dans le mode cinema 1

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Les réglages d'usine sont néanmoins très proches de la norme, vu pouvez en juger par nos mesures. Le projecteur dispose également d'un CMS efficace et d'une gestion des couleurs fondamentales RVB. Un switch de gamut vous permettra de faire correspondre l'espace de couleurs du projecteur avec celui de la source.

Seul trois réglages de gamma sont disponibles d'usine : film, vidéo et graphique.

Au global lorsqu'on a découvert toutes ses options et leur fonctionnement, il est possible de calibrer parfaitement le projecteur à la norme et de sauvegarder ses réglages dans les mémoires utilisateurs accessibles directement par la télécommande.

Lorsqu'on compare la justesse des réglages en sortie de boîte, le petit modèle à 1000 euros, le Samsung SP-A600B non labellisé joe kane fait mieux que son grand frère le SP-A800B. 

Néanmoins les réglages d'usine et le gamut sont bons, et permettent pour les personnes ne disposant pas de sondes de réglages d'envisager une utilisation sereine du projecteur sans calibration.

Voici nos réglages recommandés :

Mode couleur : cinéma 1
Contraste : 50
luminosité : 50
netteté : 0
couleurs : 50 
température de couleurs : 6500k
gamma : film
mode lampe : lumineux
espace de couleurs : HD


FLUIDITE :

Nous ne disposons pas avec ce modèle d'une gestion par interpolation de trames pour améliorer la fluidité. Les sources 1080p24 sont néanmoins parfaitement retranscrites, en prime avec l'absence notable du désagréable motion dithering.

ARTEFACTS DLP : 

Aucun artefact à l'horizon, que ce soit la solarisation ou le motion dithering artefact, rien de tout cela pour gâcher le plaisir du film. Ce projecteur DLP réussit la performance d' offrir l'image la plus piquée du moment, tout en restant confortable et à aucun moment trop dure. 

RENDU SUBJECTIF DE L IMAGE :

Conditions de test : ECRAN de 2M00 de base, source LG 390, BLU RAY QUANTUM OF SOLACE, IRON MAN, ALIENS VS PREDATOR 2
DVD PAL : RAMBO 4/

SOURCES SD :

Le samsung SP-A800BX conjugue le très bon et le médiocre, l'absence d'un traitement vidéo digne de ce nom vous obligera à contrebalancer ce point en lui procurant une source progressive ou numérique de qualité. Le traitement vidéo interne ne vous permettant pas de rehausser efficacement le signal de nos sources dvd. Ce point est particulièrement flagrant sur notre dvd de test, rambo 4, pressage de qualité moyenne, qui parvient à être amélioré avec des scalers équipés de puces HQV mais nullement ici par le traitement interne SAMSUNG.

Même si les scènes de nuit restent lisibles, elles apparaissent plus grisées que la moyenne des projecteurs 1080p récemment testés. Nous avions en même temps que le SP-A800BX, le CF181 de LG à disposition et nous avons pu tester successivement les mêmes scènes de tests sur les deux appareils. Le SAMSUNG est distancé par le modèle SXRD dans la restitution de nos scènes nocturnes de tests. Ainsi sur le passage de l'attaque des pirates sur le fleuve de RAMBO 4, le samsung est bien à la peine pour délivrer des noirs profonds et pour faire disparaître cette impression de gris.



SOURCES HDTV :

Compte tenu du délai imparti pour le test, nous nous sommes concentrés sur nos passages favoris du BLU RAY de CASINO ROYAL (scènes du combat de mangouste/cobra du départ, sortie de la naïade de l'eau qui monte sur le bateau du chiffre, arrivée de James bond à la marina, embarquement de la fiancée du terroriste, arrivée du train au Monténégro). La première impression visuelle qui ressort, c'est la netteté et la précision de l'image confortée par la poursuite des tests. C'est ici la grande force de ce projecteur, nous sommes ici bien loin devant l'image des HC 3800, HD82, les derniers DLP que nous avons testé en terme de piqué et de netteté. 

Sur la scène d'entrée du train au Monténégro, nous mettons encore une fois en évidence la faiblesse du SAMSUNG SP-A800B en matière de contraste et de profondeur des noirs. Le LG CF181 pousse la restitution des détails de ce passage bien plus loin que n'est capable de le faire le projecteur DLP, les promoteurs de ce projecteur vous rétorquerons que le contraste ansi de ce projecteur est bien supérieur mais il s'agit là d'un argument bateau visant à nier la faiblesse de ce projecteur dans ce domaine. On passe ensuite à la chasse aux aliens par le predator dans les égoûts de aliens vs. Predator, là c'est encore plus flagrant, le SAMSUNG est bien à la peine pour délivrer le détail de la peau des xénomorphes.

En revanche dès que la lumière revient, le SAMSUNG distance allègrement le modèle à panneaux SXRD par la précision de son image, ainsi sur le passage d'iron man ou le héros en armure affronte un char et sort du cratère en s'appuyant sur les cailloux, le niveau de précision des cailloux est bien plus important que sur le projecteur LG.


MATERIEL DE MESURES :

Logiciel de calibration HCFR
Sonde EYE ONE PRO
Luxmètre VEILEMAN

CONCLUSION 

UPSCALING : 2 
ERGONOMIE : 4
REGLAGES : 5
BRUIT DE FONCTIONNEMENT : 4
CONNECTIQUE : 5
24P : 5
FLUIDITE : 4
COULEURS : 5
CONTRASTE : 2
NOIRS : 1
DEFINITION : 5 

TOTAL : 42/55

Ce projecteur perd des points en raison de ses deux points faibles, le contraste et le traitement vidéo.

Nous avons aimé :

La qualité de fabrication et l'aspect solide de l'ensemble
L'excellente gestion de la colorimétrie et la possibilité de régler exactement à la norme l'espace de couleurs et la colorimétrie
Le rendu général de l'image
Le piqué d'exception
La présence de mires de réglages directement dans le projecteur 
La discrétion de fonctionnement

Nous n'avons pas aimé :

La gestion du zoom/focus et lens-shift manuelle 
Le contraste et l'absence de profondeur des noirs
Le traitement vidéo et la mise à l'échelle


En conclusion :

Nous l'avons vu et mesuré ce projecteur conjugue l'excellence avec le médiocre, concentrons nous tout d'abord sur ces deux points forts : la netteté et la gestion des couleurs. La réputation de netteté de ce projecteur n'est pas usurpée, sur mires il fait mieux que nos ténors en la matière les VIVITEK H9080 ou le PLANAR 8150, mais visuellement il est impossible de les départager sur ce point en visionnant un film. Les trois projecteurs étant équipés d'un puce DLP 1080p de pitch 0.95 nous n'avons pas été surpris par ce résultat.

Sur le plan de la colorimétrie, si le SP-800B est bien réglé d'usine, son petit frère, le SP-A600B non labellisé JKP pousse la précision plus loin en sortie de boîte, il est également plus lumineux que son grand frère. Il reste à souligner ici la qualité de ces réglages d'usines sur les projecteurs SAMSUNG, ça devient une constante. Il est certes possible pour les personnes équipées de sondes d'améliorer encore les résultats obtenus mais ce n'est pas indispensable. 

Les points faibles. Tout d'abord le contraste et la profondeur des noirs, le SP-A800B a deux ans, équipé d'une puce DLP DC2, il est distancé par tous les projecteurs récents. Ce point a été corrigé avec l'implantation sur son successeur le 900BX d'une puce DLP DC4. En revanche aucune amélioration à attendre sur le point du traitement vidéo, l'utilisation de projecteur impose pour les sources SD et entrelacées l'adjonction d'une source ou d'un scaler externe, obligation venant encore grever le budget initial déjà conséquent.

Pour conclure, Le SP-A800B reste diablement d'actualité et fait même mieux que l'ensemble de ses concurrents sur le critère de la netteté, pour la colorimétrie et les options permettant de la corriger vous obtiendrez des résultats similaires avec le SP-A600B ou les epson TW4400/TW5500. En revanche le SP-800B fait partie des derniers de la classe pour le contraste et le traitement vidéo.

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