Test Onkyo TX-RZ900

21/11/2015

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J’aurais bien aimé profiter encore quelques semaines de cet amplificateur Onkyo TX-RZ900, mais le test était attendu. Ce qui est sûr, c’est que ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir en testant un amplificateur AV « grand public » ! C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je vous propose de partager avec moi les quelques semaines passées en compagnie de cet amplificateur 7.2 doté d’une connectique armée pour l’Ultra HD, d’une alimentation de qualité, de fonctions en tout genre et qui pourrait bien surprendre de nombreux utilisateurs aussi bien pour regarder des films que pour écouter de la musique. Oui, je parle bien d’un amplificateur A/V Onkyo ^^

Protocole de test :

  • Amplificateur A/V 7.2 Onkyo TX-RZ900 (1690 €)
  • Lecteur OPPO BDT-101CI
  • Enceintes SVS Ultra Tower et Focal Dome Flax
  • Caisson de grave SVS PB-1000
  • Téléviseur Sony KD-65X9305C

Présentation de l’ampli Onkyo TX-RZ900

Lors de la mise ne ligne de l’article pour annoncer la réception de cet ampli, j’ai pu me rendre compte que les avis étaient très partagés concernant le design. Pour ma part, je le trouve superbe et racé, mais visiblement il ne fait pas l’unanimité ! C’est sûr, ce n’est pas aussi raffiné que le design des amplis Marantz, mais pour ma part j’adore ce look massif et ces lignes droites qui me rappellent celui des anciens appareils hifis, surtout avec ces petits boutons de sélections des sources sur la partie haute à droite,son potentiomètre de volume court et large et ces petits sélecteurs de modes audio et réglages de tonalités en bas à gauche.

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D’autre part, la qualité de fabrication est bien là, avec une façade massive en aluminium brossé et cette large trappe épaisse et solide qui s’ouvre pour laisser apparaître tout un panel de boutons qui permettent de configurer entièrement l’appareil sans télécommande, ce qui peut être pratique si vous la cassez ou la perdez. Quoique, de nos jours, ces boutons sont presque devenus superflus, car tout le monde possède un smartphone ou une tablette et de ce côté, l’application Onkyo n’est pas mal du tout, mais j’y reviens plus en avant. À vrai dire, si un fabricant ose un jour, il pourrait même proposer un ampli totalement épuré, sans aucun bouton. Par contre, ce beau bébé de 18 kg affiche des dimensions un peu encombrantes de 435 x 201,5 x 433,5 mm. Même mon meuble qui a pourtant accueilli un très grand nombre d’appareils volumineux est un peu court en profondeur !

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On peut également remarquer un petit bouton Pure Audio qui permet de bypasser tous traitements et DSP afin d’envoyer le signal via le chemin le plus court possible jusqu’à l’étage d’amplification. Là aussi j’y reviens, mais au regard de la qualité d’alimentation et donc d’amplification, ce mode Pure Audio fonctionne à merveille ! Lorsqu’il est enclenché, toute la façade est éteinte sauf une petite diode bleue qui s’illumine. Cette petite diode s’allume également lorsqu’une piste Dolby Atmos est détectée.

En revanche, l’écran digital est assez rudimentaire, même s’il peut afficher toutes les infos nécessaires en même temps ou presque et qu’il permet de configurer l’ampli TV éteint, ou même de naviguer dans les dossiers d’un NAS ou PC partagés sur le réseau. Cela dit, il serait peut-être temps de proposer des écrans plus perfectionnés, plus modernes, plus définis, avec pourquoi pas la possibilité d’afficher des pochettes d’album en couleurs lorsqu’on lit de la musique, l’OSD en couleur, et pourquoi pas un écran tactile. Autre regret, je trouve vraiment étonnant, voire incompréhensible, qu’Onkyo ne propose plus de port USB en façade ! Inutile de préciser la galère que ça puisse être lorsque votre ampli est bien logé dans son meuble avec tous les câbles branchés et qu’il faut connecter un HDD ou une clé USB pour lire de la musique en tâtonnant derrière pour trouver le port USB !

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Du côté de la connectique, c’est très complet, même si on peut avoir quelques regrets. Le premier concerne la qualité de cette connectique, surtout des borniers. De nos jours, il est vraiment navrant de trouver encore ce type de bornier cheap et qui complique sérieusement les branchements dès que vos câbles d’enceintes dépassent les 2mm d’épaisseur. L’autre regret concerne l’absence d’entrée analogique 7.1. Certes, comme vous le verrez plus loin, la qualité de décodage du RZ900 est excellente, mais certains auraient peut-être aimés avoir la possibilité de connecter un lecteur Blu-ray universel en analogique. Je pense par exemple au dernier Cambridge CX U qui intègre des DACs Wolfson avec une signature sonore bien différente de celle proposée par le DAC AKM du RZ900.

En dehors de ça, on trouve un nombre de connecteurs HDMI suffisant, avec 8 entrées (dont une en façade) et 2 sorties. A savoir, seulement 5 entrées sont en HDMI 2.0a donc compatibles HDCP 2.2, Rec.2020, 2160p en 24, 50 et 60 im/s, 3D 1080p/60, et 1080p en 24, 50, 60 et 120 im/s. On trouve deux Panasonic MN864787 et MN864788 qui répondent parfaitement aux spécifications HDMI 2.0a . Les entrées N°6 et 7 et celle en façade sous la trappe sont des HDMI 1.4 et gérées par un chipset Silicon Image SIL9573, donc limité en 2160p en 24 im/s et pas compatibles HDCP 2.2. Cela dit, c’est largement suffisant ! Pour le reste de la connectique, on trouve pas moins de 8 entrées RCA stéréo dont certaines associées à des entrées Composites vidéo ou YUV Composante. On trouve également une sortie PreOut 7.2, YUV, Zone 2 & 3, port Ethernet, antennes Bluetooth et Wi-Fi qui permettent également la compatibilité AirPlay, une interface RS232C pour l’intégration, sorties Optique et Coaxial, IR, Trigger 12v, connecteur RI Remote Control.

S’il ne s’agit que d’un ampli 7.1, il propose tout de même 11 paires de borniers ce qui permet un grand nombre de configurations possible que se soit en utilisant uniquement les blocs intégrés, ou en l’associant avec un ou des amplis de puissance externes. Comme nous l’avons vu dans un article publié récemment, il est même possible d’opter pour une configuration Atmos en 7.2.2 avec l’ajout d’un amplificateur de puissance stéréo ou ampli hifi doté d’une entrée bypass. je vous présente quelques configurations possibles dans le chapitre suivant avec la découverte de l’OSD.

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Le packaging assez sommaire comprend une télécommande basique, mais programmable, sans touche rétroéclairée, le petit micro assez basique également, les antennes, un manuel très rudimentaire, un câble secteur détachable, et deux piles. Un micro un petit peu plus performant livré avec un petit pied aurait été bienvenu pour ce modèle phare de la gamme 2015…

Quant à l’électronique interne, petite présentation rapide puisque je n’ai pas voulu tout démonter afin de ne rien abîmer (le modèle de test sera revendu). L’alimentation fait partie de ce qui démarque ce modèle des autres amplificateurs. Il s’agit d’une alimentation linéaire de très bonne qualité avec un transformateur torique de grosse dimension et des condensateurs avec une capacité de filtrage totale de 22 000 µF, ce qui est assez conséquent ! Cette alimentation permet de réduire le rayonnement EMI/RF et donc réduire le niveau de bruit, ce qui entraîne une meilleur gamme dynamique. Elle permet également d’offrir plus de ressource en courant pour une meilleure tenue en puissance et moins de distorsion à volume élevé. On remarquera qu’un autre transformateur IEC est également présent pour alimenter les circuits numériques et la carte vidéo. Evidemment, en dehors des chipsets HDMI déjà présentés, l’autre grosse nouveauté concerne l’intégration d’un DAC AKM AK4458 compatible DSD et DXD en 384 khz/32 bits. Quand ce DAC est bien intégré il est capable de délivrer une musicalité exceptionnelle et a logiquement été adopté par de nombreux fabricants d’appareils hifi.

Présentation de l’interface (OSD)

L’OSD des amplificateurs Onkyo n’est pas très fun, rien à voir avec Sony ou Yamaha qui propose un OSD dynamique avec des graphismes en couleur. Cela dit, tout est clair, bien structuré, rapide à assimiler, et finalement la configuration de l’ampli est très simple. Une fois configuré comme il faut, on n’y revient pas souvent, d’autant plus que cet ampli propose un Micro OSD qui vient s’afficher en surimpression du film en cours de visionnage pour faire des ajustements rapides comme augmenter/baisser le niveau de la voix centrale, ou du caisson, changer de mode (Film, musique, jeu ou THX), activer ou désactiver quelques effets (Loudness, Music Optimizer, Phase Matching, etc.).

Micro OSD pour réglages rapides

Micro OSD pour réglages rapides

Interface OSD

Interface OSD

Je vous présente cet OSD rapidement avant de m’arrêter plus en détail sur le menu le plus intéressant, celui de la configuration des enceintes. Cet OSD se divise en 8 menus, le premier est réservé à la gestion des entrées/sorties (surtout HDMI, mais aussi audio numérique et vidéo composante/composite). Vous pouvez activer une ou deux sorties HDMI sachant que la sortie SUB permet d’afficher l’OSD si on active les deux sorties (Main+Sub) et dorénavant on peut entièrement configurer l’ampli en regardant le petit afficheur de l’ampli. Par contre, je trouve dommage de ne pas pouvoir assigner une source différente à chaque sortie HDMI. Par exemple, la Box TV qui serait affichée sur la sortie 1 et le lecteur Blu-ray sur la sortie HDMI 2 reliée à un autre téléviseur dans une autre pièce (ce que permettent certains amplis comme chez Denon et Marantz).

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Ce menu permet également d’associer les noms des touches de la télécommande (BD, Sat, Box, PC, Game, CD, etc.) à chaque entrée HDMI sachant qu’il est possible de renommer chaque entrée HDMI (par exemple, par le nom de l’appareil connecté à chaque entrée). Vous pouvez également assigner les entrées vidéo composite et composante, ou les entrées audio numériques à chaque touche de la télécommande (par exemple l’entrée Composante associée à la touche BD/DVD).

Le menu « Réglage Audio » est intéressant puisque vous allez pouvoir associer certains modes d’écoutes en fonction de la nature de la source. Par exemple, décider quelle(s) enceinte(s) sera utilisée avec les sources mono (Centrale ou Frontales), activer ou non le Loudness Management avec les sources en Dolby, définir l’angle de diffusion des frontales (large ou étroit) pour élargir la scènes frontale ou encore, plus important, définir le niveau du caisson avec les pistes DTS ou Dolby (voire LPCM si vous décidez de décoder les Dolby et DTS en LPCM depuis le lecteur Blu-ray).

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On peut également définir le volume par défaut lors de l’allumage de l’ampli, le volume maximum à ne pas dépasser, ou le volume du casque par défaut et le style d’affichage du volume sur l’écran de l’ampli (soit + x dB, soir -x dB).

Le menu « Source » propose un réglage de « Volume intelligent « . Cela permet d’ajuster le volume si le niveau d’entrée varie entre les différentes sources afin de ne pas se faire surprendre par des hausses ou baisses trop importantes de volume d’une source à l’autre. C’est également ici qu’on va pouvoir renommer les sources. Pour ma part j’ai mis le nom de mon lecteur (OPPO à la place de BD/DVD, le nom de ma Box (Orange au lieu de STRM/Box), le nom de mon lecteur réseau (Vault2 au lieu de CD), et ainsi de suite. Autre réglage important, vous pouvez basculer l’entrée audio de HDMI à Coaxial ou à Analogique. Cela est très utile si vous avez connecté votre lecteur Blu-ray en HDMI et analogique (par exemple si ce lecteur propose un excellent décodage analogique et qu’il vous sert également à écouter votre musique). Ce réglage est d’autant plus intéressant lorsque l’ampli propose une entrée analogique 7.1, mais ce n’est malheureusement pas le cas avec le RZ900.

Le menu « Mode d’écoute préréglé  » est intéressant, mais pas indispensable puisqu’en laissant tout par défaut sur « Derniere Validation » ce n’est pas plus mal. Ce menu permet d’assigner un mode d’écoute avec chaque type de signal (par exemple Pure Audio si le signal est en stéréo, THX Dolby Surround si le signal est en Dolby Digital (ou TrueHD) pour simuler les canaux Atmos avec une éventuelle configuration en 5.1.2 par exemple. À savoir, il est tout à fait possible de simuler du Dolby Atmos avec une piste DTS-HD. Autre info, un mode Dolby Surround THX Cinema est également proposé si vous possédez des enceintes THX en configuration Atmos.

Le menu « Matériel » permet de faire plein de petits réglages en tout genre comme activer les commandes CEC ou l’ARC, activer le Lip.Synch, permettre l’allumage en mode veille via l’application, activer ou non la mise en veille auto, gérer une connexion Bluetooth ou Wi-Fi ou un déclencher Trigger 12v.

Le menu « Télécommande » est également très bien fait. Il sert à assigner les appareils connectés à l’ampli pour prendre le contrôle avec la télécommande du RZ900. C’est très simple et rapide en mettre en oeuvre. Il suffit de renseigner la marque de l’appareil, de faire 2 ou 3 manipulations demandées et c’est fait, vous pourrez piloter tous les appareils via une seule télécommande. De plus, lorsque vous basculez sur une entrée, la télécommande contrôlera automatique l’appareil associé. Par exemple, lorsque je bascule sur l’entrée HDMI 1 associé à mon lecteur OPPO, la télécommande prend automatiquement le contrôle du lecteur OPPO.
Et enfin, le menu « Divers » sert à la mise à jour du firmware ou à lancer le petit programme qui vous guide pas à pas pour configurer l’ampli. Un petit guide très simple et rapide qui vous permettra de prendre en main rapidement l’ampli avant d’affiner les réglages plus tard quand vous l’aurez apprivoisé.

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Je finis donc par le menu « Enceinte », le plus important et vaste, celui qui permet de configurer toutes vos enceintes en passant par la calibration automatique AccuEQ. Deux solutions s’offrent à vous. Soit, vous configurez tout manuellement avant de lancer l’AccuEQ, en sachant que celui-ci va forcément revoir certains de vos réglages. Soit, vous lancez l’AccuEQ d’abord, ce que je vous conseille de faire, et ensuite vous affinerez les réglages si besoin.

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Je vous propose de découvrir toutes les configurations possibles qu’offre cet ampli et elles sont vastes. Le seul regret vient du fait qu’il n’est pas possible de désactiver l’amplification interne si jamais vous utilisez un bloc de puissance. Par exemple, on ne peut pas désactiver l’amplification interne des frontales si vous connectez un ampli hifi en bypass sur la PreOut Front. Du coup cela fait de la consommation pour rien et la consommation n’est pas redistribuée vers les autres canaux.

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En dehors de ce petit défaut, le nombre de configurations possible est très vaste. On peut faire du 2.0, 2.1, 3.1, 4.1, 5.1, 6.1, 7.1 (sachant que toutes ces configurations peuvent être utilisés avec deux caissons de grave), ou en configurations Atmos du 2.1.2, 3.1.2, 4.1.2, 5.1.2 et même 6.1.2 et 7.1.2, ce qui peut paraître étonnant pour un ampli 7.2 doté d’une PreOut 7.2, mais pour ceux qui n’ont pas lu l’article publié juste avant ce test, Onkyo propose une petite astuce en utilisant un bloc de puissance externe que je décris dans cet article. En bref, il faut utiliser la sortie PreOut Back/Height qui, lorsqu’on opte pour une config. 7.1.2, peut être utilisée pour alimenter les surrounds Back. Les borniers Surround Back de l’ampli seront alors utilisés pour alimenter les enceintes d’effet Atmos.

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Il faut savoir également que les configurations Atmos peuvent être utilisées pour faire du Front Heigh , Top Front, Top Middle, Top Rear, Rear High, des configurations qui permettent de simuler des effets en hauteur via Dolby Surround ou DTS:X (sachant qu’à l’heure d’écrire ce test la mise à jour DTS:X n’est toujours pas disponible). Pour cela, il suffit de changer la désignation de l’enceinte à effet en hauteur, comme vous pouvez le voir ci-dessus.

Malgré toutes ces possibilités, j’émets un regret. La configuration 6.1 ne met en oeuvre que 2 frontales, 2 surrounds et 2 surrounds backs, mais j’aurais aimé avoir la possibilité d’opter pour un 6.1 configuré comme un 5.1 + une enceinte centrale d’effet arrière (même remarque pour la configuration 6.1.2). J’aurais également aimé la possibilité d’opter pour une configuration Dolby Atmos 5.1.4, ce qui aurait été techniquement possible avec la même astuce proposée pour la configuration 7.1.2. Et puis soyons fou, avec cette même astuce il aurait été possible de faire du 7.1.4 avec l’ajout de deux blocs de puissance stéréo.

Le reste de réglages est assez classique avec la possibilité de régler les distances, les niveaux, de faire un crossover sur chaque enceinte de 40 Hz à 200 Hz par palier de 10 Hz (le crossover THX étant établi à 80 Hz selon le cahier des charges THX). N’oubliez pas de bien faire correspondre la phase du Subwoofer indiquée dans le menu avec celle réglée sur le caisson. Sachez également que si vous laissez les Frontales en pleine bande vous pouvez activer la fonction Double Bass qui permet de restituer les graves des canaux Front à la fois sur les frontales et sur le caisson. On remarquera également que la fonction Bass Boost présente sur le NR646 est absente sur le RZ900, ce qui n’est pas plus mal, car cette fonction est tout simplement une horreur !

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On trouve également des réglages dédiés aux enceintes certifiées THX, comme l’activation du mode THX Subwoofer pour gérer le Boundary Gain Compression (BGC) qui permet d’optimiser le rendu des graves si le caisson est trop prés du mur, ou encore l’espace entre les deux enceintes Surround Back (de préférence des bipolaires, toujours selon le cahier des charges THX, ou encore l’option Loundness Plus qui permet d’améliorer le rendu audio à faible volume (utile le soir donc).

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Et enfin, l’EQ Manuel que je ne vous conseille pas de toucher à moins de savoir ce que vous faites. Déjà, il faut savoir que l’AccuEQ applique sa propre égalisation qui permet de corriger les creux et bosses qu’entraîne l’acoustique d’une pièce. Plus l’acoustique sera mauvaise, plus il y aura du travail. Si vous faites l’EQ manuellement, il prend le pas sur l’EQ de AccuEQ . À l’oreille c’est un exercice très difficile, mais on peut analyser l’acoustique d’une pièce avec des logiciels comme RoomEQ Wizard (REW) sur un PC et transposer les relevés sur l’EQ pour faire les corrections. Cela dit, même si Onkyo ne communique pas beaucoup sur le travail que réalise son AccuEQ, il est fort probable que ce dernier corrige plus de fréquences que le nombre de bandes proposé par l’EQ manuel (au nombre de 7 sur les enceintes, et 5 sur le canal de grave). De plus, nous ne pouvons corriger que 15 fréquences prédéfinies (25Hz, 40Hz, 63Hz, 100Hz, 160Hz, 250Hz, 400Hz, 630Hz, 1kHz, 1.6kHz, 2.5kHz, 4kHz, 6.3kHz, 10kHz et 16kHz). Là aussi, il est fort probable que l’AccuEQ choisisse les fréquences à corriger de façon plus précise que l’EQ Manuel.

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Et pour tout dire, cet AccuEQ a clairement progressé depuis l’an dernier. J’en avais déjà parlé lors du test du Onkyo TX-NR646, cette année il corrige non seulement toutes les enceintes, mais aussi le canal de grave de façon magistrale ! Pour ma part, à la minute même où j’avais lancé le premier film j’avais remarqué une qualité hors norme sur le canal de grave. Non seulement il délivre un signal d’excellente qualité (c’est étonnant comme un canal de grave peut être différent d’un ampli à l’autre), mais en plus, une fois calibré, c’est tout simplement énorme ! C’est simple, j’ai totalement redécouvert mon caisson, un SVS PB-1000, que j’avais déjà essayé sur de nombreux amplis, dont certains haut de gamme, mais jamais je ne l’avais entendu offrir une telle précision, percussion, fermeté et rapidité. C’est à la fois plus percutant, dévastateur même, sans être envahissant. Une puissance maîtrisée qui peut également apporter un gros plus en musique grâce à des graves plus lisibles, plus précis et tout simplement plus musicaux. Et dieu sait comme le caisson occupe une part très importante dans le rendu globale, que ce soit au niveau de la sensation d’ampleur, de sensation physique, de puissance ressentie ou d’immersion.

En ce qui concerne l’égalisation et la calibration des enceintes, c’est tout de même plus classique. Un Audyssey MultEQ XT32 comme celui proposé par le Denon AVR-6200W que je teste juste après ce RZ900 ou un Y.P.A.O RSC comme celui disponible sur le CX-A5100 également en test dans quelques jours, opèrent un travail plus complexe avec plus de points de corrections, une meilleure gestion des ondes stationnaires ou des réflexions. Cela dit, le résultat est tout de même très intéressant, notamment au niveau de la précision des dialogues, mais aussi et surtout au niveau du respect de la signature sonore des frontales et ça je dois dire que c’est quelque chose que j’apprécie grandement. Car s’il y a bien une chose que je reproche à de nombreux EQ automatiques, c’est d’être trop linéaires, de ne pas respecter la réponse en fréquence de l’enceinte et donc de dénaturer sa signature sonore.

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D’ailleurs, Yamaha est aussi l’un des rares à prendre cela en compte en proposant un mode YPAO Front qui est basé sur la réponse en fréquence des frontales. Ainsi, on garde tout le charme et la magie de la signature d’une enceinte. Et si cela ne suffisait pas, il est également possible de désactiver l’EQ sur les Frontales tout en le laissant actif sur les autres enceintes et le caisson. Cette possibilité est surtout intéressante en écoute stéréo. Cela dit, pour ma part je laisse tout de même l’EQ activé sur tous les canaux puisque j’utilise le mode Pure Audio pour écouter le musique . Ce mode bypass tous les traitements, l’AccuEQ, les DSP. Le signal est filtré par le DAC AKM , puis il est directement envoyé vers l’étage d’amplification. Je trouve que ce mode offre une écoute plus droite et neutre, et donc plus musicale. Cela indique tout de même qu’il est possible d’optimiser encore un peu cet AccuEQ, car certaines corrections acoustiques donnent de très bons résultats en hifi, je pense au Dirac Live ou au RoomPerfect de Lyngdorf. Pour que le mode Pure Audio propose un rendu intéressant, il faut que l’alimentation et l’amplification soient d’excellente qualité, ce qui est clairement le cas avec le RZ900.

Enfin, pour terminer avec l’AccuEQ, il faut également préciser que son efficacité va bien au-delà des résultats obtenus avec le TX-NR646. Pourtant, c’est à peu près les mêmes algorithmes avec juste quelques points de correction supplémentaires. Mais, j’en avais parlé lors du test du NR646, pour qu’une calibration acoustique soit efficace, il faut de grosses ressources en courant. Car il faut beaucoup de courant pour corriger les creux de façon efficace et de ce côté là, le RZ900 a ce qu’il faut, là où beaucoup de ses concurrents pêchent un peu. Certains amplis HC grand public puisent tellement dans leur ressource en courant qu’ils ne leur restent plus grande chose pour offrir un rendu puissant et dynamique. Le RZ900 propose tout de même une alimentation linéaire de 840 Watts et une capacité de filtrage de 22000µF et pour un 7.2 cela fait une belle réserve de courant comparé à ses concurrents (le Denon AVR-6200W est un 9 canaux avec une alimentation de 730 Watts, l’Anthem MRX-710 embarque une alim de 500 Watts pour 7 canaux, même s’il y a des alims avec de meilleurs rendements que d’autres.

Quelques regrets pour finir, le micro est un peu cheap et mériterait un pied, même petit. Du coup, prenez soin de bien surélever ce micro, voire, si possible, utiliser un pied d’appareil photo. Il aurait été intéressant de pouvoir consulter les courbes après calibration, voire les éditer. Il manque également un étalonnage du volume du caisson avant dans lancer l’AccuEQ et la possibilité de faire plusieurs points de mesure, ou encore prendre en compte l’orientation des enceintes. Cela étant dit, globalement cet AccuEQ donne de très bons résultats et son gros point fort c’est évidemment les grosses performances sur le canal de grave. Quand on sait qu’une calibration est surtout importante pour corriger les graves, tout est dit !

Prise en charge réseau et multimédia

De ce côté là c’est strictement identique à ce que propose le TX-NR646 déjà testé. Malheureusement, je constate du coup que les défauts, bugs, et absences constatés sur cet ampli testé il y a plusieurs mois n’ont toujours pas été corrigés ! Cela dit, en ce concerne la lecture multimédia audio, Onkyo a souvent été un précurseur. C’est le premier à avoir proposé la lecture DSD et le seul à avoir proposé le protocole réseau Samba et la lecture du MLP (un générique du TrueHD dédié à la musique, que l’on trouve en téléchargement ou sur les rips de DVD-Audio, mais qui étonnamment ne fonctionne toujours pas, alors qu’elle est annoncée dans els spécifications). Cette année, le TX-RZ900 est censé lire presque tous les formats audio avec le FLAC, WMA, MP3 HD, OGG Vorbis, WAV, DXD, LPCM, MLP, TrueHD, DSD64 et 128 (DSF et DSDIFF) et ALAC. Seuls l’AIFF et l’APE manquent à l’appel ! Et cette année, la lecture du DSD est d’autant plus intéressante avec la présence du nouveau DAC AKM AK4458 capable de filtrer le DSD sans conversion PCM et est capable de délivrer un signal de très grande qualité.

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Les points essentiels à retenir de cette compatibilité DLNA, Samba et USB :

  • Lecture des FLAC, MP3, WMA, WMA Lossless, WAV, AAC, LPCM, ALAC, DSF, DSD, DXD, TrueHD, mais avec certaines limites via USB, Samba et UPnP.
  • Mes fichiers MLP/TrueHD ne sont pas lus malgré une compatibilité annoncée. Cela ressemble plus à un bug qu’à une incapacité de lire le MLP, mais le bug a été constaté depuis plusieurs mois et cela n’a pas été corrigé
  • Les fichiers DSD64 (DSF, DSDIFF) sont lus et le DSD décodé nativement (filtrage analogique sans conversion PCM) avec une qualité d’écoute vraiment excellente !
  • Les fichiers DSD128 présentent,t des soucis de lecture (grésillement)
  • Les fichiers DXD (384 khz) ne sont pas lus (ni via USB, ni en réseau), malgré la présence du Dac AKM compatible DXD.
  • Le MP3, MP3 HD, AAC et WMA lossless sont lus sans problème en stéréo 44.1 kHz/ 16bits
  • Les Flac stéréo 44.1 kHz, 88.2 kHz, 96 kHz, 176.4 kHz et 192 kHz sont parfaitement lus via USB ou UPnP.
  • Les fichiers Flac multicanaux sont lus, mais downmixés en stéréo.
  • Les fichiers Flac 5.1 en 192 kHz posent des soucis de lecture (son qui grésille)
  • Le WAV/LPCM est lu en 44.1, 48, 88.2 et 96, 176.4, et 192 kHz/ 24 bits via USB et UPnP
  • Pas de lecture des Wav-DTS (rips de CD-DTS), ni de Monkey’s Audio (APE), ni de MusePack, ni de WavPack, ni de l’AIFF.
  • Pas de gestion des listes de lecture m3u.
  • Mode de lecture Gapless parfaitement fonctionnel
  • Il est possible de naviguer dans les dossiers sans interrompre la lecture en cours
  • L’affichage digital permet de naviguer dans les dossiers TV éteint, afficher les noms des morceaux et des radios. Il est également possible d’afficher les infos (échantillonnage (Hz), profondeur (Bit), codec, débit, etc.).
  • Accès aux services de musique en ligne suivants : TuneIn, Spotify, Aupeo!, Simfy et Deezer. Quel dommage de ne pas avoir accès à Qobuz !
  • La lecture musicale via Bluetooth marche parfaitement. L’ampli bascule sur le mode Bluetooth automatiquement si les deux appareils sont appairés. Par contre, on ne peut appairer qu’un seul appareil.
  • L’Onkyo TX-RZ900 est compatible AirPlay et permet d’afficher les pochettes d’album via AirPlay
  • Pour profiter d’une lecture DSD en natif, il faut utiliser les modes Direct ou Pure Audio (le mode stéréo avec AccuEQ ou le fait d’activer un DSP entraine une conversion du DSD en PCM)
  • L’interface DLNA ou Samba permet d’afficher les tags, un contrôle de lecture et les pochettes d’albums intégrées aux dossiers musicaux.
  • Il existe un mode de lecture « Mini-Lecteur » qui permet de lire la musique avec une source affichée en fond (film, chaine TV, etc)
  • On peut accéder à une interface réseau depuis le navigateur internet (il suffit d’entrer l’adresse IP de l’ampli)
  • Le procédé Music Optimizer offre une amélioration intéressante sur l’écoute des radios et fichiers audio lossy (compressés avec pertes), mais ne permet pas de retrouver la même qualité d’origine. Un format de compression sans perte comme le Flac reste évidemment de bien meilleure qualité
  • La qualité de lecture des formats audio est excellente, la conversion N/A offre une superbe musicalité, et à la grosse différence du NR66 testé précédemment, la qualité de l’alimentation et de l’amplification permet de profiter d’une écoute musicale d’excellente qualité au point de se passer d’un ampli hifi (même si évidemment cela dépend des exigences de chacun).

Application Onkyo Remote (iOS et Android)

Pour ma part, après avoir réglé et calibré l’ampli, j’ai nettement préféré utiliser l’application smartphone (iOS/Android) qui permet d’accéder à toutes les sources, services musicaux, DLNA/Samba, AirPlay, et qui permet également de faire des réglages rapides comme augmenter un peu le niveau de la Centrale, ou baisser celui du Subwoofer, ou encore changer de mode audio, contrôler le volume, contrôler le lecteur Blu-ray ou le téléviseur s’ils sont compatibles CEC, le tout en une touche.
Cette application est uniquement disponible sur Smartphone IOS et Android (pas sur tablette). Elle permet également d’accéder aux musiques stockées sur le réseau (UPnP/Samba) ou via USB. Elle affiche les tags et pochettes, le contrôle du volume, de la lecture et des DSP. Mieux qu’un long discourt, les captures parlent d’elles-mêmes.

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L’amplificateur Onkyo TX-RZ900 à l’écoute

Vous l’aurez compris, J’ai totalement succombé à cet amplificateur. Depuis que je teste des appareils hifis et home cinéma, forcément mon niveau d’exigence s’est élevé, et en toute franchise ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un ampli home cinéma. Dans la catégorie d’amplificateur, jusqu’ici j’avais connu des amplis dotés d’une excellente préamplification comme les Denon ou Marantz, des amplis dotés d’une excellente spatialisation comme chez Yamaha, ou encore des amplis dotés d’une excellente alimentation et amplification comme chez Anthem ou Cambridge, mais le RZ900 est un ampli qui m’a séduit sur tous les plans : préamplification, décodage, musicalité, puissance, dynamique, tenue en puissance, spatialisation, qualité des dialogues, etc. etc. Alors, tout n’est pas parfait, certes, mais quel ampli !!

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En ce qui concerne le choix des enceintes, ça ne devrait pas être un ampli très difficile à associer. Pour ma part, j’ai eu de la chance, il se trouve que je testais des enceintes SVS Ultra Tower et l’association est tout simplement magique, surtout que ces enceintes apportent une sensation de puissance décuplée ! Elle m’a apporté tout ce que je pouvais attendre d’un ampli home cinéma et même si en utilisation hifi on peut évidemment aller plus loin, les résultats sont tout de même excellents ! Ces enceintes sont treks neutres et offre des médiums ronds et trés précis pour des dialogues superbes. Je les pensais difficiles à driver, mais le RZ900 a su les exploiter à merveille, y compris dans le grave, malgré la présence de deux Woofer de 21 cm positionnés à la base sur les deux côtés de l’enceinte en opposition.

En écoute stéréo pleine bande, le RZ900 m’a offert des graves rapides, percutant, tout en rondeur et précision. Un pur bonheur quand il s’agit de restituer des percussions ou des instruments de musiques qui descendent bas dans le grave, comme une contre-basse ou une grosse caisse. En effet, le RZ900 est un ampli très polyvalent, son mode Pure Audio offre un rendu très droit, neutre et dynamique, avec des médiums parfaitement articulés, ronds, et des aigus très définis et ciselés, mais jamais agressifs, un juste équilibre entre précision et douceur. On peut tout de même relever une légère projection dans les bas médium/haut grave, mais en dehors de ça, c’est un bel équilibre tonal, tout est à sa place. La maîtrise des graves est exemplaire, la qualité des médiums permet d’offrir des voix graves très soutenues comme restituer tout le charme et le côté charnel de certaines voix féminines comme celle d’Adèle, Melody Gardot ou Agnès Obel.

D’un autre côté, lorsqu’on utilise les modes dédiés au film et donc en activant l’AccuEQ avec crossover et donc le caisson qui se charge de restituer les graves, l’ampli, soulagé d’une partie de la réponse en fréquence, gagne en dynamique et puissance et offre un rendu plus chaleureux, plus rond, parfaitement profilé pour une utilisation home cinéma. Le RZ900 offre alors une attaque de note saisissante, une superbe assise dans le grave, un rendu sonore avec beaucoup de consistance, de matière, des notes qui ont du poids ! On est loin, très loin de ce que propose le TX-NR646 qui devenait criard au-delà des +50dB. Ici, non seulement à +50dB l’ampli envoie déjà un gros son, mais on peut aisément pousser le volume encore et encore sans que l’ampli ne s’essouffle tout en gardant une écoute parfaitement cohérente, aérée, sans fatigue auditive. Avant que le RZ900 pose un genou à terre, votre salon sera déjà sans dessus/dessous ! Quelle puissance ravageuse ! En utilisation home cinéma cet ampli est vraiment démoniaque !

Diaphonie 48

Sur les mesures, vous pouvez voir que cet ampli propose une diaphonie très basse pour un ampli AV et à dire vrai, même en hifi -110dB de diaphonie constitue déjà une très bonne séparation des canaux puisque même le préamplificateur le Yamaha CX-A5000 ne proposait que -100 dB de diaphonie. Cette diaphonie est le signe d’une excellente spatialisation et ouverture de la scène frontale avec en « simple » 5.1, alors je vous laisse imaginer l’effet bulle sonore que peux offrir un tel ampli avec les pistes Dolby ou des DSP simulant les effets en hauteur que le Dolby Surround 5.1.2 ou prochainement le DTS:X quand la mise à jour sera disponible.

En revanche, pour une raison que j’ignore, peut-être un bug, avec les pistes 96 kHz le canal gauche frontal présente une diaphonie trop haute (environ -39 dB, alors que le canal droit reste dans les -110 dB. Toutes les autres fréquences (44,1 kHz, 48 kHz, ou même 88.2 kHz) ne présentent aucun souci avec une diaphonie de -110 dB sur tous les canaux. Ce souci en 96 kHz se traduit par une scène frontale plus étriquée, avec une partie des informations du canal gauche délivrée sur le canal droit. En espérant que Onkyo corrige ce souci rapidement. Ce souci n’a pas été relevé en DSD, mais uniquement en PCM.

Je mesure également une excellente gamme dynamique à 114 dB avec toutes les fréquences d’échantillonnages en 24 bits. C’est la mesure la plus élevée enregistrée à ce jour sur un ampli A/V ! L’Onkyo TX-RZ900 dépasse donc le Denon AVR-4520 (109 dB) et même le CX-A5000(112 dB). Cette mesure est représentative de la richesse du signal sonore, sa capacité à reproduire les micros détails. Le niveau de bruit est souvent en corrélation avec la dynamique, mais dans les négatifs avec -114 dB pour un bruit plancher exceptionnel à -145 dB !

Au regard des pics visibles sur les mesures, cela traduit un signal très précis, mais pas aussi précis que les meilleurs appareils hifi qui peuvent afficher des courbes pratiquement sans aucun pic. Cette précision est souvent en rapport avec le niveau de jitter. C’est également sur le THD que le RZ900 conserve sa catégorie d’ampli A/V, puisqu’il propose des mesures assez similaires aux mesures relevées sur les meilleurs amplis AV, c’est à dire 0.0023% là où les meilleurs appareils hifis affichent dans les 0.005%. Par contre, la qualité de son alimentation lui permet de monter très haut en volume sans augmentation du THD.

Cette alimentation linéaire de qualité permet d’offrir un rendu parfaitement aéré et fluide, sans distorsion même à volume assez haut. Sur mes mesures, je peux pousser l’ampli jusqu’à +85 dB sans distorsion. Au-delà, je relève un THD assez significatif pour qu’il puisse être audible et engendrer une écoute un peu criarde et fatigante. C’est une belle performance, car sur de nombreux amplis le THD monte à partir de +70/75 dB. La tenue en puissance est donc excellente, pas aussi bonne qu’un ampli hifi haut de gamme, évidemment, mais excellente pour un ampli A/V. En écoute stéréo pleine bande, il posera ses limites avec certaines grosses enceintes difficiles à driver, mais peut déjà driver un grand nombre de colonnes et avant d’atteindre une distorsion audible, il faut quand même pousser fort ! Le rendu sonore offert par ce mode Pur Audio est vraiment superbe pour écouter de la musique !

Mesure étage préamplification

Mesure étage préamplification

Terminator – Genesys : Dolby Atmos 5.1.2

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La scène d’intro commence à peine depuis quelques secondes : Wow, en un mot, monstrueux ! En même temps que je rédige ce paragraphe, je regarde le film pour m’imprégner de l’ambiance. Difficile de trouver les mots devant un tel déluge d’effets surround, d’impacts tonitruants qui vous percutent l’abdomen, qui font trembler le canapé, c’est un déluge de feu qui s’abat sur nous. On est totalement transporté au cœur de la guerre des machines ! C’est totalement effrayant ! Les effets Atmos sont bien plus convaincants que sur Transformer. On entend les hélicoptères tourner juste au-dessus de notre tête, le son remplit toute la pièce et me donne l’impression que ma pièce a gagnée en volume. À chaque coup de mitrailleuse, le caisson envoie des rafales de basses qui me percutent méchamment, avec un grave tendu et rapide comme jamais je ne l’avais entendu sur ce caisson.

La spatialisation offre un effet bulle sonore qui nous aspire dans le film avec une immersion d’un réalisme troublant. Les voix sont précises, soutenues, directives, et malgré le chao général, tous les sons sont distincts les uns des autres, jamais brouillons, les dialogues restent parfaitement intelligibles. Bref, c’est une vraie démonstration qui pose d’entrée les capacités de cet amplificateur. Je suis totalement bluffé, comme électrisé par le film.

Alors que j’avais de mal a ressentir l’apport des effets Atmos avec Transformer, ici la configuration 5.1.2 prend tout son sens. Dans mon salon qui ne me permet pas de mettre en oeuvre une configuration 7.1 par manque de place derrière mon canapé, je gagne clairement en immersion comparée à une configuration classique en 5.1. Si je rajoute à cela les superbes images offertes par le téléviseur Ultra HD Sony, que dire, à part rester les yeux écarquillés et profiter d’un total spectacle.

The Tree of Life : DTS-HD Master Audio 5.1

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Dans un tout autre registre, The Tree of Life est un film assez spécial, dur comme peut l’être la perte d’un enfant dont il est question dans ce film, et poétique à la fois, avec des images splendides, des jeux de lumière absolument somptueux et une bande-son exceptionnelle. Un chef-d’œuvre, qui nous transporte dans l’univers bien particulier de Terrence Mallick. Ici, le RZ900 va nous montrer une tout autre facette de son talent, sa musicalité, son ampleur, son aération, sa fluidité. Un moment de pur grâce, totalement envoûtant durant lequel on se laisse totalement transporter…

Il y a notamment quelques passages d’une telle intensité que ce film restera gravé dans ma mémoire comme l’un des plus beaux films que j’ai pu voir. Ces scènes intenses sont enrichies par une musique de film envoûtante, comme certains passages de musiques Classique comme Lacrimosa (Requiem for my Friend) de Zbigniew Preisner et le célèbre Symphony Orchestra & Stanislav Gorkovenko – Smetana Má Vlast Vltava (The Moldau River) ou encore les Barricades mystérieuses de François Couperin, Funeral March de Patrick Cassidy (extrait de l’album Famine Remembrance), Toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach, Requiem de Hector Berlioz.

Avec ce genre de film, on ressent toute l’importance de la musicalité que peut offrir un amplificateur et avec le RZ900 ce film prend une tout autre dimension. Le passage le plus fort du film est probablement celui de la naissance de l’univers avec Lacrimosa en musique de fond. Le RZ900 récite la partition à la perfection et nous transmet toute une forte émotion sur la voix de la chanteuse tout en apportant sa force, son ampleur et sa percussion sur les bruitages d’explosion de l’univers en formation, le tout avec une spatialisation telle que nous sommes comme projetés au centre de l’univers avec une réelle sensation d’espace. Grandiose !

SA-CD – Linn Records – The Super Audio Collection Volume 4

Encore une fois, il faudra opter pour le mode Pure Audio ou Direct pour profiter d’un filtrage natif du DSD. Sachant que le mode Pure Audio désactive tous les traitements, mais conserve tout de même les réglages de niveaux et de distance (pas le crossover). Le mode Direct lui conserve tous les réglages et crossover, sauf l’EQ. Pour ma part j’ai tout de même utilisé le lecteur OPPO connecté en HDMI pour que ce soit tout de même l’ampli qui filtre nativement le DSD. Je n’ai pas utilisé le lecteur USB de l’ampli, car ce dernier ne lit pas le DSD multicanal et est pose des soucis de lecture en DSD128.

Mode Pure Audio (AccuEQ off)

Réponse en fréquence / Mode Pure Audio (AccuEQ off)

Mode Stéréo (AccuEQ On)

Réponse en fréquence / Mode Stéréo (AccuEQ On)

La gestion du DSD est encore un des atouts majeurs de cet ampli. Avec des SA-CD de référence comme ceux de Linn Records on se rend tout de suite compte que le RZ900 offre une écoute d’un naturel saisissant. Les écoutes PCM sont déjà très belles, mais de toute évidence on monte en qualité d’écoute avec le DSD, tan sur la profondeur de scènes, la densité d’image sonore à couper au couteau, et se rendu trés naturel, si propre au DSD.

The Super Audio Collection Volume 4 - LINN RecordSur la piste 1 de The Super Audio Collection en DSD 5.1, l’écoute est très enveloppante et immersive avec les instruments qui se localisent parfaitement sur les divers plans de la scène sonore. Grâce à un bas médium légèrement projeté, mais très appuyé et ferme, on ressent les cordes de guitare vibrer dans l’abdomen dans les notes basses tout en offrant un superbe ciselé dans les notes hautes et aigus. Les silences entre les notes sont parfaits, on ne perçoit aucun souffle, ce qui permet d’offrir une très belle aération dans le haut du spectre et d’entendre le moindre petit son distinctement, comme le léger frottement des doigts sur la corde, ou les bruits de bouche de la chanteuse Maeve O’Boyle.

Le rendu est parfaitement naturel, fluide, légèrement chaleureux et met en avant le côté charnel de la voix de Maeve O’Boyle. La parfaite maitrise du grave, d’autant mis en valeur par les colonnes SVS Ultra qui descendent bas, nous transmet de belles sensations lors des accompagnements à la basse avec là aussi, une toute légère projection dans le haut grave. Une écoute sublime, limpide comme avec toutes les autres pistes de l’album qui comprend également des passages de cuivre qui prennent aux tripes. Bref, de superbes prestations hifis de la part du RZ900 si ce n’est qu’une toute légère coloration et cette petite mise en avant du bas médium/haut grave.

Conclusion

Comment ne pas être conquis par un tel amplificateur ! Certes l’AccuEQ est perfectible et quelques bugs multimédias ont été constatés, mais en dehors de ça, quelle classe ! Cela faisait longtemps que je n’avais pris autant de plaisir avec un amplificateur home cinéma. Le RZ900 m’a offert toute la puissance dont j’avais besoin et même au-delà ! Je n’ai jamais eu besoin de puiser dans ses ressources et pourtant j’ai vécu des séances home cinéma absolument démoniaques avec Terminator Genesys ou Mad Max et des séances musicales particulièrement savoureuses, surtout avec le SA-CD.

Alors oui, il n’est pas aussi transparent qu’un ampli hifi haut de gamme, pas aussi droit, mais s’en rapproche pas mal avec de très belles performances en terme de diaphonie, gamme dynamique, niveau de bruit, réponse en fréquence, le tout avec une bonne alimentation et amplification qui permettent de driver un très grand nombre de colonnes. Avec la musicalité que m’a offert ce RZ900 avec le CD, ou le SA-CD, je n’hésite pas à dire que cet ampli home cinéma offre de prestations musicales dignes d’un bon ampli hifi. Certes, il y a ampli hifi et ampli hifi, difficile de graduer cette qualité, cela dépend des exigences de chacun, mais ce RZ900 saura donner du plaisir musical à de nombreuses personnes dont je fais parti.

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Côté multimédia, nous l’avons vu, cet ampli dispose d’une application sympa qui permet de tout contrôler, configurer ,voire accéder à des réglages rapides, très utiles durant les films (comme l’ajustement de la centrale et du caisson), lancer des musiques stockées sur NAS, PC ou USB et accéder à de nombreux services de musique à la demande comme Deezer ou Spotify. D’autre part, le RZ900 prend en charge les protocoles réseau Samba, UPnP et DLNA, et lit un grand nombre de formats comme le DSD et le Flac. Cependant, il pose quelques limites et bugs. Il m’a été impossible de lire du APE, AIFF et même du MLP pourtant signalé dans les formats pris en charge. J’ai rencontré des soucis de lecture avec du DXD, DSD128 et le FLAC 5.1 en 192 kHz. Cependant, avec la gestion des pochettes, tags, la possibilité de naviguer dans les dossiers sans interrompre la musique, la lecture des formats les plus utilisés (Flac 192 kHz, MP3, DSD64, WAV, etc.), l’AirPlay, le Bluetooth, cela reste tout de même une très bonne gestion réseau et multimédia.

Enfin, dans son domaine de prédilection, l’expérience home cinéma, le RZ900 délivre des prestations exceptionnelles ! C’est clairement parmi ce qu’il se fait de mieux actuellement, tant au niveau de la puissance, de l’attaque, de la dynamique, de la spatialisation, de la restitution des dialogues, de la précision du rendu, des effets surround. Le RZ900 est capable de se transcender lors de passages d’action avec une énergie tout simplement impressionnante ! Onkyo nous propose là un superbe ampli qui nous donne envie de voir la suite ! En effet, la gamme 2015 nous laisse un peu sur notre faim, avec un si bel ampli, on ne peut qu’attendre un modèle 9.2 un peu plus haut de gamme , avec connecteurs XLR, entrée DAC USB-B et une PreOut 11.2 capable de proposer du Dolby Atmos 7.1.4.

Reference - 5 étoiles

Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé le RZ900 plus musical que l’Anthem MRX710 ou même que le Cambridge CX200, moins cher, tout aussi puissant, plus performant en home cinéma que le CX200, mais il lui manque un AccuEQ encore un peu plus évolué, à l’instar de l’ARC proposé par Anthem et une entrée analogique 7.1 pour en faire un amplificateur A/V parfait. Si je prends en considération qu’il coûte tout de même 1000 € de moins que ses concurrents, je lui donne un Award Reference bien mérité !

Je remercie Futureland pour le prêt du Onkyo TX-RZ900 en vente chez eux.

Les notes sont évidemment en fonction de sa catégorie d’ampli AV et du prix :

  • Qualité audio home cinéma : 
  • Qualité audio musicale : 
  • Puissance de l’ampli : 
  • Services internet : 
  • Gestion Multimédia Audio: 
  • Gestion du S.A.CD et DSD : 
  • Connectique : 
  • Qualité de finition : 
  • Calibration acoustique : 
  • Fonctions et réglages : 
  • DSP / Spatialisation : 
  • Rapport Qualité/Prix : 

Ce que j’ai aimé sur le TX-RZ900 :

  • Expérience home cinéma exceptionnelle !
  • Tres bonne alimentation
  • Une puissance très confortable, de l’attaque, de la dynamique
  • Une très belle musicalité pour un ampli HC !
  • Un AccuEQ nettement meilleur avec un Sub EQ 5 bandes
  • Un canal de grave de feu et un AccuEQ excellent sur le canal LFE !
  • Compatible Dolby Atmos 7.1.2 et DTS:X
  • Très bonne spatialisation
  • Une belle finition niveau châssis
  • Cinq connecteurs HDMI 2.0a (2160p/60, Rec.2020, HDR, HDCP 2.2 et MHL 3.0)
  • Le Wi-Fi , l’AirPlay et le Bluetooth intégrés
  • La compatibilité UPnP, DLNA et Samba
  • La gestion multimédia très complète (DSD, MLP, ALAC,, Flac, lecture gapless)
  • Excellente gestion du DSD en natif grâce au DSP Cirrus Logic et au DAC AKM
  • De nombreux services de musiques en ligne
  • Un ampli très fonctionnel !
  • Un excellent rapport qualité/prix

Ce que je regrette avec le TX-RZ900

  • Aucun upscaling, ni traitement vidéo
  • La gestion Dolby Atmos limité au 7.1.2 (pas de 5.1.4, ni de 7.1.4)
  • Une seule position de mesure pour l’AccuEQ
  • L’EQ manuel limité (mais qui a le mérite d’exister)
  • L’AccuEQ encore une peu limité sur les colonnes
  • Un OSD bien trop austère !
  • Port USB placé à l’arrière
  • Pas de gestion des fichiers audio multicanaux  via USB ou UPnP
  • Des bugs de lectures sur les Flac 5.1 192 khz et le MLP, le DXD et le DSD128
  • Pas de service de musique à la demande lossless comme Qobuz ou HighResAudio
  • Pas d’entrée analogique 7.1, ni de XLR, ni de DAC USB-B
  • Des borniers « cheap » et peu ergonomiques
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