Test BenQ W1110 en ligne : que vaut le successeur du W1070/W1070+ ?

26/04/2016

Au regard du succès rencontré par les W1070 puis le W1070+, BenQ annonçait il y a quelques mois un renouvellement de son entrée de gamme avec le  DLP Full HD 3D  W1110. Voici notre test.

BenQ W1110

Pour cette nouvelle version, à l'exception de la nouvelle coque, le fabricant indiquait s'appuyer sur la même base que le W1070+. Aucune révolution en perspective, mais une remise au goût du jour pour un projecteur qui devait donc s'inscrire dans la continuité. Voyons les résultats de plus près.

Configuration de test :

Présentation

Malgré leurs qualités intrinsèques, les W1070 & W1070+ étaient loin d'être des projecteurs au design particulièrement attrayant. C'est désormais du passé.

BenQ W1110

La cure de jouvence inaugurée sur les nouveaux modèles milieu de gamme (W2000 et W3000) profite également cette année au W1110. Les courbes sont plus arrondies, les plastiques de bonne qualité, le nouveau design est une franche réussite et confère au projecteur un aspect relativement élégant, chose rare pour un projecteur situé dans cette gamme de prix. On apprécie également au passage le remplacement du système de vis par une molette crantée pour ajuster le lens-shift. Dites adieu à votre tournevis !

Du côté des spécifications en revanche, aucun changement important n'est à noter puisque le projecteur reste équipé d'une lampe UHP 240 W pour une luminosité annoncée à 2 200 lumens et un contraste dynamique de 15 000:1. Par conséquent, la durée de vie de la lampe ne change : 3500 h en mode normal, 5000 h en mode Eco et 6000 h en mode SmartEco. 

Pas de changement non plus du côté de l'optique (zoom 1,3x) avec un rapport de projection qui permet d'afficher une base d'image de 2 mètres avec un recul de 2,30 mètres, l'amplitude du lens-shift (±10%) reste malheureusement encore trop limitée. Dans l'autre sens la correction de trapèze perd en souplesse, là ou le W1070+ inaugurait une correction horizontale/verticale ± 30°, le W1110 revient à une simple correction verticale ± 20° à l'instar du W1070 premier du nom, ce qui est assez regrettable.

Connectique :

Pas de changement non côté connectique, le W1110 propose 2 entrées HDMI 1.4 dont une compatible MHL, une entrée Composante, une entrée Composite, une entrée VGA, une entrée analogique RCA, une entrée/sortie analogique mini-jack, un port USB (5V/1A), un port mini-USB (Service), une prise RS-232 et une sortie Trigger 12V.

BenQ W1110

Télécommande :

La télécommande (rétroéclairée) reste la même que celle utilisée habituellement par le fabricant au cours de ces deux dernières années. Les principales fonctionnalités sont accessibles depuis celle-ci : menu principal, accès direct aux réglages (luminosité, contraste, température des couleurs, CMS, gamma), choix de la source, volume, 3D...  Notez que les  sont uniquement disponibles en option.


Menus et réglages

L'OSD du W1110 reste identique à ce que nous retrouvons habituellement chez le fabricant depuis deux ans, rien de neuf à l'horizon.

BenQ W1350

Dans la section image, en parallèle des réglages habituels de luminosité, contraste, couleur, teinte et mode lampe, BenQ donne accès à plusieurs modes image : Standard, CinémaDynamiqueJeuxISF Day et ISF nuit. Dans les cas des modes ISF, les réglages sont préréglés en usine, il reste néanmoins possible de faire calibrer son diffuseur par un professionnel certifié.  Deux mémoires utilisateurs sont également disponibles pour personnaliser les réglages en fonction des sources utilisées.

En parallèle, le projecteur donne également accès aux réglages de température des couleurs, de là deux choix s'offrent à nous : sélectionner un mode prédéfini (Froid, Normal, Chaud, Lampe native) ou opter pour un réglage fin. Il dispose également d'un CMS sur 3 dimensions permettant ainsi d'ajuster les valeurs de nuances, saturation et gain pour les couleurs primaires et secondaires. Toujours aucun éditeur de gamma n'est présent, néanmoins les valeurs prédéfinies en usine (gamma 1.6 à 2.8) ont le mérite d'être relativement bien ajustées. En matière de processing pas de changement non plus avec un filtre Netteté et un réducteur de bruit.

L'onglet affichage permet de définir le format d'affichage (Auto4/316:9AnamorpheLetter BoxRéel), ajuster le zoom numérique et le trapèze, mais également de sélectionner manuellement le format 3D en sortie pour les vidéos 3D Side-by-Side et Top-and-Bottom. Le frame-packing est automatiquement détecté en lecture .

C'est depuis les deux derniers menus configuration système (de base et avancé) que l'on pourra choisir le mode de projection (Sol avant ou inversé), accéder aux paramètres audio pour régler le volume du haut-parleur, afficher une mire de test quadrillée et sélectionner le type d'OSD (base ou avancé).

Qualité du traitement d'image

Le W1110 ne révolutionne pas l'entrée de gamme du fabricant, les résultats sont pour ainsi dire identiques entre les deux générations de projecteurs, à une seule petite différence près : une amélioration de l'input lag !

BenQ W1110

La principale force des projecteurs du fabricant taïwanais réside dans la qualité des optiques, une constante sur l'ensemble de la gamme de vidéoprojecteurs Home-cinéma W. Sur ce point, le W1110 fait un sans-faute et se hisse sans problème au niveau de ses prédécesseurs, avec une image d'une uniformité irréprochable en matière de netteté et de précision. Le réglage Netteté permet toujours d'ajuster le niveau de détails, les résultats s'avèrent d'ailleurs toujours satisfaisants, à la seule condition de conserver la main légère, c'est en revanche moins le cas du Réducteur de bruit dont l'activation reste dispensable du fait de l'effet de flou généré.

Contraste :

BenQ W1110

Hormis une luminosité plus appuyée, le W1070+ ne s'était pas particulièrement démarqué de son prédécesseur en matière de contraste, le W1110 s'inscrit dans cette continuité avec un contraste honorable qui atteint les 1830:1 (on/off). Il souffre néanmoins, comme une très large majorité des projecteurs DLP d'un léger fourmillement dans les scène sombres lorsque l'on se rapproche de la toile, l'effet reste néanmoins imperceptible à 2-3 m de distance, mais également aussi d'un noir justement plus gris foncé que noir comme c'était déjà le cas pour ses aînés. La luminosité déployée par le projecteur est en revanche irréprochable, ce qui est toujours utile si l'on souhaite utiliser son projecteur en journée.

Fluidité 24p :

BenQ W1110
Malgré l'absence de système d'interpolation, le W1110 offre une fluidité honorable en lecture Blu-ray 24p, malgré la présence inévitable de quelques micro-saccades sur les travellings rapides. Rien de rédhibitoire toutefois pour un projecteur positionné à moins de 1000 euros, d'autant plus en comparaison de ce que proposent aujourd'hui la concurrence.

3D :

Aucun changement particulier là non plus, Les amateurs de Blu-ray 3D seront aux anges, le W1110 délivre une image 3D précise, naturelle et très lumineuse, ce qui permet de compenser en partie le port des lunettes. Le crosstalk reste visible de manière occasionnelle sur certaines scènes, mais le phénomène reste généralement assez discret. On regrettera par contre à nouveau l'absence de compatibilité VESA 3D pour associer un émetteur et une paire de lunettes 3D RF.

Input lag :

La vraie différence entre le W1070/W1070+ se fait principalement en utilisation jeux vidéo, un terrain sur lequel le BenQ W1110 fait figure d'agréable surprise. En effet, là ou ses prédécesseurs offraient un temps de retard à l'affichage d'environ 4 images par seconde avec un input lag de 49,7 ms, nous avons mesuré le W1110 à 33,2 ms ce qui nous amène à 2 images de retard par seconde. Le gain est appréciable, tout particulièrement pour les férus de jeux en multi. Cependant, le mode Game du W1110 n'offre aucun attrait particulier en comparaison du mode Cinema en termes d'input lag, si ce n'est une image plus lumineuse et des couleurs plus chatoyantes du fait de l'activation du Brilliant Color. Chacun choisir en fonction de ses goûts.

Verdict technique

Les mesures confirment ce que nous disions au chapitre précédent, le W1110 reprend la même base que ses illustes aînés.

Bruit en fonctionnement :

Sans être aussi discret que les modèles à matrices 3LCD, le W1110 fait un peu mieux que le W1070+ et affiche un niveau de bruit de 34 dB en mode Eco (idem en SmartEco), micro positionné à 50 cm du projecteur. Il grimpe 38 dB en mode lampe normal.

AEC et uniformité de l'écran : 

En matière d'uniformité, rien de neuf à signaler. La répartition de la lumière demeure assez homogène d'un bord à l'autre de l'écran, les aberrations chromatiques très bien contenues, on retrouve en revanche ce léger fourmillement typique des projecteurs DLP dans les scènes sombres. Le phénomène reste toutefois imperceptible en étant situé à 2-3 m de l'écran. Quant à l'AEC, les plus sensibles noteront toujours quelques flashs lumineux en fonction des scènes, notamment lors des transitions noir/blanc, un peu plus d'ailleurs que sur le W2000, mais l'effet reste globalement bien contenu.

Calibration :

En sortie de carton, la plupart des modes proposés par défaut sont relativement convenables. Les modes ISF Day et ISF Night offrent globalement de bons résultats, en particulier au niveau de l'échelle de gris avec un DeltaE qui atteint respectivement 2.48 et 2.31 de moyenne. La température des couleurs est positionnée à 6600K en ISF Night et 6000K en ISF Day, en revanche la colorimétrie est largement perfectible.

Si le W1110 est le seul membre de la série à ne pas être certifié CinematicColor, sans mode Cinema (Rec.709), même s'il reste perfectible, le mode Cinema par défaut reste le plus conseillé si vous souhaitez profiter de votre projecteur immédiatement en sortie de boîte. Prenez simplement soin de désactiver l'option Brilliant Color, qui a tendance à biaiser l'échelle de gris et la température des couleurs, et abaisser très légèrement le contraste.


En post-calibration après les ajustements nécessaires réalisés, la courbe d'échelle de gris affiche un DeltaE de 0.81 et une moyenne de température des couleurs quasi parfaite de 6509K. Le gamma atteint 2.18, réglage le plus préconisé pour une utilisation dans un salon. Abaisser la luminosité et le contraste à 49 si vous souhaitez l'augmenter légèrement, voire 48 pour se rapprocher des 2.4 en soirée.


La colorimétrie reste conforme à ce que nous avions obtenu il y a deux ans sur le W1070+, autrement dit le projecteur n'atteint toujours pas 100 % du gamut Rec.709, contrairement aux W2000 et W3000. Les résultats n'en demeurent pas moins excellents, et largement suffisants sur les saturations 25, 50 et 75 %. Espérons que BenQ élargisse le CinematicColor lors de la prochaine génération.

BenQ W1110

Conclusion

Sans révolutionner la recette initiale, ni même constituer une réelle évolution en comparaison du W1070+ lancé il y a maintenant deux ans, ce nouveau projecteur n'en conserve pas moins les mêmes atouts. Pour les amateurs de Home-cinéma et plus généralement de belles images HD, le BenQ W1110 est aujourd'hui ce qui se fait de mieux en matière de vidéoprojecteur à moins de 1000 euros. Esthétiquement plus séduisant que ces deux prédécesseurs, et accessoirement un poil moins bruyant, la principale surprise, et la plus innattendue d'ailleurs, concerne l'amélioration notable du temps de retard à l'affichage (input lag) avec deux images de retard par seconde en moins.

BenQ W1110

Reste la question subsidière : les utilisateurs d'un W1070/W1070+ ont-ils réellement intérêt à investir à nouveau ? Objectivement, la réponse est non. La même question se posait d'ailleurs déjà sur le W1070+, qui concrètement apportait principalement une luminosité rehaussée et une compatibilité MHL, là ou le W1110 offre des performances globalement identiques mais avec un meilleur input lag. Pour les nouveaux venus l'intérêt est réel, pour les autres en revanche, il ne reste plus qu'à espérer que la prochaine génération constitue un peu plus qu'une nouvelle révision...

Award Choix de la Rédaction


La note finale 

 
Ce que l'on aimeCe que l'on regrette
  • Une belle qualité d'image HD
  • La puissance lumineuse
  • Contraste correct
  • Bonne fluidité
  • Réglages en sortie de carton (mode Cinéma sans BC)
  • Input lag amélioré
  • Un nouveau design séduisant
  • Le rapport qualité/prix
  • Faible amplitude du lens-shift
  • Le niveau de bruit en mode lampe normal
  • Toujours pas de compatibilité VESA 3D
  • Disparition de la correction de trapèze horizontal
  • Aucun intérêt pour les propriétaires d'un W1070/W1070+

Merci à nos amis de www.audiovideohd.fr pour ce test.
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