Test LG OLED65E6V : la perfection de l’image sur une dalle de verre ?

20/06/2016

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Après plusieurs jours passés à bien profiter de cette petite merveille, il est temps de passer au test du téléviseur LG OLED65E6V. En fait, mon test du EF950V de 2015 ne remonte pas à si longtemps que ça puisque je l’avais publié fin février 2016. Du coup, il est encore tout frais et cela m’a permis de bien juger les évolutions (ou pas) de cette nouvelle gamme 2016. Le 65EF950V testé était déjà un très beau téléviseur auquel il ne manquait que quelques petites améliorations pour tutoyer l’excellence, voire la perfection, comme un traitement vidéo un peu plus performant, surtout avec les chaines TV, ou encore des performances avec le Blu-ray UHD plus abouties, un rendu HDR plus puissant, une possibilité de calibrer en BT.2020, etc.

D’ailleurs, ce test a été pour moi l’occasion de vraiment tester le Blu-ray UHD sur l’OLED, car ce support n’était pas encore disponible lors du test du EF950V avec lequel j’avais surtout pu tester des démos HDR et entre les démos et les vrais UHD Blu-ray, il y a quand même de grandes différences et d’autres problématiques que nous allons aborder plus en détail lors de ce test. Quitte à tuer un peu le suspens, je vais être franc, les améliorations sont assez minimes, même si elles sont très appréciables, mais finalement la plus grosse évolution c’est peut-être le fait de proposer une qualité plus constante d’un modèle à l’autre. En effet, le plus gros souci avec le EF950V, c’était la qualité un peu trop variable avec des noirs plus ou moins bouchés sur certains modèles, surtout sur les côtés de la dalle, des soucis plus ou moins visibles de postérisation et vignettage et du bruit plus ou moins prononcé. Malheureusement, si cela semble bien se présenter pour le moment au regard des premiers retours sur le forum, il faudra encore un peu plus de recul pour faire le bilan sur la qualité globale des TV OLED 2016 de LG. En revanche, une chose est certaine, un effort considérable a été fait au niveau design. Encore aujourd’hui, je reste « baba » devant le standing et la classe de ce téléviseur !

Protocole de test :

  • TV LG OLED65E6V (6 990€, prêté par Futureland))
  • Lecteur Blu-ray Panasonic DMP-UB900 (prêté par Univers HighTech)
  • Lecteur OPPO BDP-103EU
  • Divers Blu-ray UHD, 1080p, 3D
  • Appareils de mesures : spectrophotomètre Klein K-10, Spectroradiometre JETI, Logiciel de calibrage Calman sous licence THX et ISF, générateur de mires HDR Murideo Fresco Six-G , boitier Leo Bodnar
  • Avec la participation de Cédric Louis, calibreur THX et ISF Level II (voir son site internet)

Présentation du LG OLED65E6V

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D’un point de vu caractéristiques techniques, le 65E6V utilise une dalle OLED nouvelle génération avec toujours les mêmes diodes organiques blanches, mais des sous pixels WRGB différents. Cette année, grâce au site LesNumériques, nous avons pu apprendre que les sous pixels blanc et bleu sont légèrement plus larges pour offrir plus de luminosité, mais au détriment du sous-pixel rouge, plus petit alors que la reproduction du rouge était déjà problématique sur l’OLED 2015 à cause de son spectre à forte dominante bleu. Ce sera donc probablement encore plus délicat cette année. En effet, si la structure des sous-pixels à un peu changée, ce n’est pas le cas du spectre qui est même moins large que celui du EF950V. Pour aller plus loin, il faudrait probablement passer aux diodes OLED RVB.

Spectre LG 65E6

Spectre LG 65E6

Sinon, il s’agit toujours d’une dalle 10 bits, 120Hz, 3D passive dotée d’une définition de 3840 x 2160 pixels. Si LG semble avoir intégré son processeur vidéo H15 (le plus puissant du fabricant) dans le Signature G6, le E6 conserve le même processeur vidéo qu’en 2015, un Perfect Remastering Engine (déjà présent dans les OLED EG960V et EF950V). Donc, logiquement, il n’y a pas de progrès à espérer au niveau upscaling UHD, traitement vidéo ou désentrelacement, mais nous verrons ça plus en détail, car LG peut avoir changé ses algorithmes tout en conservant le même GPU. Par contre, LG annonce du progrès du côté colorimétrie avec une meilleure justesse (3D Color Mapping) et surtout une couverture du DCI à 99%. L’une des plus grosses nouveautés, concerne l’amélioration du rendu HDR avec un pic lumineux annoncé à 800 nits, et la gestion de la technologie Dolby Vision qui utilise des métadonnées dynamiques au lieu des métadonnées statiques du HDR10. Là encore, nous verrons ce qu’il en est .

OLED HDR

Le CPU, quant à lui, reste un Quad Core et permet de booster les tâches et la navigation au sein de la nouvelle interface sous WebOS 3.0, vraiment plus réactive et agréable à utiliser au quotidien avec toujours une multitude d’applications, des possibilités de lecture multimédia très complètes, des services de VOD et musique à demande, et de nombreuses fonctions en tout genre.

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Je passe sur la déception au niveau de la qualité de l’emballage, très loin du packaging très soigné proposé lors du lancement du premier OLED LG 55EA980V en 2013 (eh oui, il y a déjà 3 ans !). En effet, le plus important reste tout de même la qualité du produit et de ce côté là, lors du déballage, on se rend tout de suite compte que ce téléviseur est hors norme ! Véritable oeuvre d’art, on ne se lasse pas de regarder ce téléviseur au design futuriste et d’une classe folle ! On a beau dire, la qualité d’image reste le plus important, mais quel plaisir devoir un si beau téléviseur trôner dans son salon. Il n’y avait pas mieux pour mettre en valeur l’OLED que de l’incruster dans une dalle de verre, à la fois pour le standing, mais aussi pour garder toute la magie de la finesse de l’OLED au sein d’un châssis rigide. Le EF950V était beaucoup trop flexible, avec trop de matière en plastique. Je peux vous dire que tous les invités sont tombés sous le charme de ce téléviseur. Certes, à ce prix, vous me direz que c’est la moindre des choses, mais c’est une totale réussite, bravo LG !

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Même si la photo n’est peut être pas très représentative de la réalité, LG a fait de gros progrès au niveau du traitement antireflet, car les premiers OLED étaient de véritables miroirs ! Et ça aussi, c’est vraiment appréciable, car les reflets sont très limités, même lorsqu’on regarde la télé en pleine journée dans un salon très éclairé comme le mien. En journée, l’image gagne en dynamique. Le traitement antireflet de la dalle engendre une sorte de teinte mauve, mais cela n’a aucune influence sur le rendu des couleurs, probablement déjà étudié pour corriger la dérive.

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Évidemment, avec ce tout nouveau design, l’autre aspect très appréciable, c’est la présence de cette barre sonore intégrée de confection Harman Kardon avec une puissance de 2 x 10 Watt RMS + Subwoofer de 20 Watts. En revanche, malgré les apparences, cette barre son et le pied ne sont pas en aluminium, il s’agit de PVC avec une surface qui imite l’aluminium brossé. Le coffre arrière qui accueille la connectique et l’électronique est lui aussi en PVC. De ce côté-là, j’aurais évidemment préféré du métal…

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La bonne surprise vient du rendu audio, qui n’est évidemment pas comparable à un vrai système home cinéma, mais la qualité est au rendez-vous avec même une certaine musicalité très appréciable. L’aigu est précis, doux et fin, jamais criard ou distordu, pas de sifflante, le médium est précis, même si ça manque un peu de rondeur, les voix et dialogues sont parfaitement intelligible et le rendu bien équilibré. Niveau puissance, ce n’est pas énorme, mais suffisant pour suivre des émissions, reportages et du sport, un peu moins pour les films. En effet, ça manque clairement de grave ! Quel dommage de ne pas proposer une sortie subwoofer ! C’est une hérésie, car avec une sortie Sub on aurait pu se passer d’un système audio supplémentaire, car un bon caisson aurait apporté plus de grave, d’ampleur et même plus de puissance ressentie. Sans ça, difficile de se priver d’un système audio externe si on veut un minimum de sensation dans les films, surtout que les effets surround sont également limités. Autre option manquante, le fait de pouvoir utiliser cette barre sonore comme enceinte centrale. Cela dit, on trouve tout de même de nombreuses possibilités dans les réglages audio :

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Ci-dessous, l’appairage en Bluetooth avec les petites enceintes actives KEF EGG qui proposent une excellente qualité audio et une puissance largement suffisante avec même une sortie Subwoofer !

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Enfin, découvrons la connectique. L’essentiel est là avec 4 entrées HDMI 2.0a, toutes compatibles HDCP 2.2, HDR et UHD Color, 2 ports USB 2.0Hosqt, un port USB 3.0, une entrée jack stéréo, YUV, Composite, RS232C, port Ethernet, slot CI+ et une sortie casque. Côté liaisons sans fil, on trouve donc du Bluetooth, Wi-Fi & Wi-Fi Direct, Miracast/Screen Mirroring et la possibilité d’utiliser des souris ou clavier sans fil. Par contre, je suis un peu déçu de constater qu’il n’y a qu’un seul tuner, ce qui nous prive de la possibilité d’enregistrer une autre chaîne que celle qu’on regarde, ou de la fonction PIP. Sur un téléviseur vendu prés de 7000 €, pas de doubles tuners, mais un simple tuner TNT/SAT DVB-C/S2 et T2, c’est tout de même assez mesquin, surtout quand on sait qu’en Angleterre le E6 est proposé avec un double tuner ! Bref, quoi qu’il en soit, ce tuner permet de recevoir toutes les chaînes de la TNT HD et même les chaines 4K.

Côté packaging, on trouve deux télécommandes, dont une grande avec pointeur gyroscopique et micro intégré, et une Smart Control très minimaliste pour l’utilisation de tous les jours une fois qu’on a bien configuré le téléviseur et qu’il n’y a plus besoin de revenir dans les menus et réglages. Par contre, deux paires de lunettes 3D très basiques sont fournies et là aussi je trouve qu’un effort aurait pu être fait pour proposer, comme avant, toute une boite de lunettes diverses et variées. L’expérience 3D reste l’une des plus grandes attractions de l’OLED, il est dommage de négliger cet atout.

Fonctions multimédias et Web OS 3.0

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L’interface WebOS est donc passée en 3.0 et le gain se fiat nettement ressentir avec une interface très réactive, fluide, bien pensée, fun, moderne, très graphique et même très classe à l’image du téléviseur.On trouve de nombreuses fonctions en tout genre, comme le PVR, un EPG complet, la recherche vocale, la possibilité de diffuser le contenu d’un smartphone ou tablette sur le TV, et évidemment de nombreuses applications. Je ne vais pas toutes les citer, surtout que les photos parlent d’elles même, mais on trouve l’excellent système de jaquettes Plex, évidemment de nombreux services de VOD dont Netflix qui propose du contenu en HDR et en Dolby Vision (d’ailleurs j’ai regardé un film en HDR hier soir sur Netflix qui proposait un rendu HDR bien meilleur que celui de Marco Polo).Bref,ej vous laisse regarder les photos, c’est mieux qu’un long discourt.

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Du côté lecteur multimédia, là aussi tout est bien pensé, réactif, les recherches et le lancement des films et musique sont instantanées, tous les formats vidéos les plus courant sont lus dont le MKV, TS, M2TS, AVI, DivX HD, WMV HD, MPEG-4, H.264, x264, HEVC/H.265, AVC, VC-1, VP9,VP8, XviD, entre autres. Quasiment toutes les vidéos ont été lues, sauf les ISO, répertoires Blu-ray et DVD, MK3D et MKV 3D MVC qui sont lus en 2D.D’autre part, les vidéos sont toutes lues en 60 im/s, pas de gestion du 24p, mais la conversion de cadence n’engendre pas de saccades, la lecture est fluide, le décodage de bonne qualité,mais comme avec les chaines TV l’upscaling UHD manque de précision. J’obtiens une meilleure image en lisant mes MKV depuis mon lecteur Blu-ray OPPO ou Panasonic qui sortent en 2160p.

En revanche, les vidéos UHD sont parfaitement lues,que ce soit en BT.2020, 10 bits par couleur, 24 ou 60 im/s, avec une qualité d’image exceptionnelle, notamment avec les vidéos UHD HDR ou Dolby Vision. Les sous-titres sont très bien gérés également, avec possibilité de synchronisation avec la vidéo et modification de la grosseur, couleurs, position. Là aussi, les formats les plus courants sont décodés, comme le .srt, .ssa, .smi, .ass, mais pas le .pgs. Les pistes audio DTS 5.1, Dolby Digital 5.1, AAC, MP3, WMA ne posent aucun probleme. Comme sur tous les TV, seules les pistes DTS-HD, TrueHD ou Atmos ne sont pas lues. Bref, très bonne gestion multimédia, même si évidemment rien en remplace un vrai lecteur multimédia. Du côté de la musique, c’est moins complet, car le Flac n’est pas lu, ni le DSD, ni l’ALAC. Le seul format lossless à être lu c’est le WAV/LPCM en 44,1 et 48 khz. Dommage, car avec la diffusion audio sans fil, la barre sonore de bonne qualité et l’interface très sympa, la lecture du Flac aurait été intéressante. Cela dit,on peut tout de même diffuser la musique depuis son smartphone sur le téléviseur.

Traitement vidéo et uspcaling UHD du LG E6V,quelques soucis avec les chaines TV

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Je vous l’annonçais en introduction, si le LG Signature G6V embarquerait le meilleur processeur vidéo de chez LG (un H15 en 64Bits, même si je n’ai vu aucun document officiel en parler), le LG E6V reprend le même processeur vidéo que le EF950V et EG960V de 2015, un Perfect Mastering Engine en charge de l’upscaling Ultra HD. Même si les informations ne sont pas très précises au sujet des processeurs embarqués, je n’ai de toute façon pas constaté d’amélioration du côté de l’upscaling et du traitement vidéo, ce serait même plutôt le contraire, surtout avec les chaines TV. L’upscaling du EF950V n’était peut être pas le meilleur de sa génération, mais donnait tout de même de bons résultats. Pour une raison que j’ignore, je ne peux que constater que l’upscaling Ultra HD du E6V ne donne pas de très bons résultats. J’obtiens de biens meilleurs résultats en utilisant l’upscaling UHD de certains lecteurs Blu-ray comme l’OPPO BDP-103EU ou le Panasonic DMP-UB900, même si ce dernier affiche un peu plus de bruit résiduel;

Avec les Blu-ray 1080p ou les vidéos HD, aucun souci donc, en laissant le lecteur upscaler et traiter l’image, on  obtient une image magnifique. Par contre, le probleme se pose plus avec les chaines TV. Seule solution, posséder un décodeur TV + un scaler externe ou un ampli qui va upscaler les chaines TV de ce décodeur. Si on passe par le tuner interne, pas le choix, on est obligé de faire avec. J’avoue tout de même ne pas comprendre ce qui s’est passé pour que le E6V propose un uspcaling de moins bonne qualité que le EF950V. Est-ce que LG a revu ses algorithmes et donc ils ne seraient pas encore au point ? Dans ce cas-là une mise à jour devrait arriver et corriger le souci ? Est ce que finalement le E6V embarque un GPU différent du EF950V et visiblement moins bon ? Mystère, j’ai posé des questions via mail à l’agence de presse de LG, mais je n’ai pas toujours pas reçu de réponse …

Car la qualité des chaines TV était peut-être un peu en retrait sur le EF950V, comparé à ce qu’il se fait de mieux actuellement, mais en désactivant les réducteurs de bruit j’obtenais un très bon résultat avec les chaines HD. Or, sur le E6V il est clairement impossible de désactiver les deux réducteurs de bruit. Je suis obligé de conserver au moins le réducteur de bruit MPEG, car avec ma Box TV l’image des chaines TV, y compris en HD, affiche pas mal d’artefacts de compression MPEG, surtout autour des objets et personnes. Avec le tuner intégré, l’image est moins définie et moins précise qu’en passant par ma Box TV et affiche aussi du macroblocking.

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Voici le style d’artefact de compression constaté sur les chaines HD !

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