Test Xbox One S

06/09/2016

1 - Introduction

Initialement annoncée en juin dernier lors de l'E3 2016, et disponible depuis maintenant quelques jours, la Xbox One S aura fait couler beaucoup d'encre ces dernières semaines. Première console du marché compatible Ultra HD 4K et HDR, et la seule pour l'heure à intégrer un lecteur Ultra HD Blu-ray, nous avons voulu nous intéresser de plus près à cette nouvelle version de la Xbox One.


Après avoir connu des cycles de renouvellement compris entre 8 et 10 ans, les fabricants de consoles semblent vouloir de plus en plus se rapprocher d'un modèle plus classique, comme le suggèrent cette volonté de proposer une « gamme » de consoles. Sony puis Microsoft nous avaient habitués ces dernières années à proposer de nouvelles versions au design slim, démultiplier les coloris et les éditions spéciales customisées aux couleurs d'une licence, sans pour autant marquer une rupture équivalente à cette génération.

De nouvelles technologies sont apparues ces dernières années, et à l'exception faite de Nintendo qui se positionne sur un autre crédeau, les fabricants de consoles comptent bien profiter de l'occasion pour se mettre à l'heure du 4K, du HDR et de la réalité virtuelle. En attendant donc les PS4 Neo et Xbox Scorpio, Microsoft ouvre le bal avec la Xbox One S. En marge de l'aspect console, nous allons davantage nous intéresser dans cet article sur les performances de la machine en termes de lecture Ultra HD Blu-ray, mais également d'upscaling 4K et de prise en charge multimédia.

Configuration de test :

  • Xbox One S 2 To (PPI : 399 €)
  • TV Ultra HD Samsung UE55KS9800, Sony KDL-55HX950
  • Ampli : Yamaha RX-V681, Onkyo TX-RZ800
  • Enceintes : Magnat Quantumm 1009S + XTZ Cinema + XTZ SUB 1X12
  • HDFury Integral
  • Supports : Disques Ultra HD Blu-ray, Blu-ray 2D/3D, DD externe, HTPC (serveur uPnP)


2 - Présentation


Alors que la version Elite s'inscrivait dans la continuité, la Xbox One S marque pour l'occasion le retour à une finition blanche, rappelant la première mouture de la Xbox 360, et le choix d'un nouveau revêtement mat qui lui confère un aspect élégant mais plus sobre en lieu et place du plastique glossy.

La console gagne en compacité, les dimensions passent ainsi de 37,3 x 32,3 x 19,1 cm pour la Xbox One standard contre 29 x 43 x 11 cm pour la version S, tandis que l'intégration de l'alimentation à l'intérieur du châssis permet également d'économiser un peu plus de 2 kg. Un gain qui se traduit néanmoins par un niveau de bruit un poil supérieur, rien de rédhibitoire pour autant. Autres petit détail, le bouton sensitif pour la mise sous tension est remplacé par un plus classique bouton pression rétroéclairé.


Côté connectique, du fait de la compatibilité Ultra HD 4K et HDR la nouvelle Xbox propose désormais une entrée/sortie HDMI 2.0a, elle conserve en revanche trois ports USB 3.0 dont une désormais installée en façade, une sortie numérique et une sortie IR. Seule la prise Kinect manque à l'appel, il faudra investir dans un adaptateur pour ceux qui souhaitent pouvoir continuer à utiliser l'accessoire.

Pas de grand changement en revanche côté manette vu les qualités de l'originale en termes de design et d'autonomie, seulement un nouveau grip pour améliorer la prise en main, et en prime une compatibilité Bluetooth pour l'utiliser sur PC. La communication avec la console se fait toujours par l'intermédiaire d'une connexion Wi-Fi Direct, autrement dit les manettes de la Xbox One standard (ou produits dérivés) restent compatibles.

Pour poursuivre sur la partie accessoires, la console est également livrée avec un câble HDMI, deux piles LR6 et un socle pour maintenir la console en position verticale.

 

 
 

3 - Interface et menus

S'il y a bien une chose que l'on peut difficilement reprocher à la Xbox One en comparaison de sa concurrente, c'est la qualité des interfaces qui se sont succéder au cours de ces trois dernières années, et ses nombreuses fonctionnalités.

Interface Xbox One S


Un aspect renforcé depuis la récente mise à jour Windows 10, Microsoft souhaitant mettre en oeuvre davantage d'interactions entre son écosystème PC et console. Après un premier pas entamé à l'automne 2015 avec la fonction streaming afin de jouer à des jeux PC sur Xbox One et inversement, ce sont désormais les applications universelles Windows qui bénéficieront progressivement d'un portage sur la console.

Ainsi en marge des applications habituelles (Netflix 4K, Youtube, Plex, Wuaki.tv, MyCanal, la TV d'Orange, MyTF1, M6 Play, beIN Sport, etc.), la compatibilité avec les Universal Apps amènera progressivement de plus en plus d'applications sur la plateforme, notamment VLC qui sera disponible d'ici quelques semaines, voire Kodi même si pour l'heure l'équipe de développement n'a rien confirmé.

Le menu Paramètres reste en revanche peu ou prou identique à la version standard avec la possibilité de forcer l'affichage en 50 Hz ou 60 Hz, activer la 3D et le Deep Color, basculer en mode PC RVB (0-255), la seule exception vient de la possibilité de basculer en résolution UHD 2160p, et vérifier la compatibilité de son diffuseur avec le 4K/60 Hz, 10 bits, chroma 4:4:4 et HDR.

La section Audio propose uniquement de définir un réglage pour la sortie HDMI et optique en bitstream (Dolby ou DTS) ou LPCM 5.1 / LPCM 7.1. Le support audio HD est à l'étude, mais nous y reviendrons plus tard.

Netflix 4K HDR Xbox One S

Interface Xbox One S

Réglages Xbox One S  Réglages Xbox One S


4 - Performances du lecteur UHD e tmultimedia

L'un des principaux atouts de la nouvelle Xbox réside dans le l'intégration, pour la première fois dans une console de salon en attendant éventuellement la PS4 Neo (à confirmer), d'un lecteur Ultra HD Blu-ray, en l'occurence un drive BD-ROM Lite-On DG-6M5S en lieu et place du DG-6M1S qui équipe la version standard. La rétrocompatibilité avec les Blu-ray et Blu-ray 3D reste assurée.

 

 Performances en lecture Ultra HD Blu-ray :

 

Qualitativement, il reste relativement difficile de voir un vrai fossé en comparaison des lecteurs 4K actuellement commercialisés, du moins en vis-à-vis du Samsung UBD-K8500 auquel nous l'avons comparé, le DMP-UB900 de Panasonic jouant dans une autre catégorie en raison d'une section post-traitement plus avancée.

Sur la base donc, force est de reconnaître que sans non plus offrir autant de souplesse qu'un lecteur dédié – ce que la One S n'est pas par définition –, la qualité de décodage est plus que convenable. Deux raisons à cela : le soin apporté à la conception de la machine, particulièrement l'alimentation fanless séparée et isolée de la carte principale, et dans un second temps la qualité même du processing vidéo.


Il faut ainsi souligner la très faible présence de bruit résiduel à l'instar du lecteur Samsung, le rendu image est propre et particulièrement précis en lecture Ultra HD Blu-ray HDR, rendant parfaitement honneurs aux pressages de qualité à l'instar de The Revenant ou Deadpool avec une précision et une profondeur d'image intéressant, mais également sur Blu-ray grâce à la qualité de la mise à l'échelle de la console. Naturellement, aucun filtre de post-traitement manuel n'est ici proposé par la firme de Redmond, il est néanmoins appréciable de retrouver une fenêtre délivrant des informations en temps réel sur le bitrate, le taux de trame, etc.

Il est regrettable toutefois que fabricant n'ait pas consenti à quelques petits efforts supplémentaires. La Xbox One S n'est certes pas une platine dédiée, mais l'absence de passthrough audio HD, en 2016 de surcroît, reste un choix étonnant. Nous conviendrons que Microsoft vise d'abord le grand public, mais ce petit détail aurait sans doute permis à la console de faire un peu plus les yeux doux à ceux qui souhaitent passer au format Ultra HD Blu-ray à moindres frais. Microsoft a toutefois récemment confié à nos confrères d'Eurogamer, étudier la possibilité d'activer le bitstream audio HD dans une future mise à jour firmware, reste maintenant à savoir quand, particulièrement au sujet de la gestion du Dolby Atmos et DTS:X. Pour certains, cette donnée sera plus importante que pour d'autres, puisque la possibilité de sortir en LPCM 5.1/7.1 permet d'obtenir le même signal audio sans perte. Un faux problème donc ? En termes de qualité, assurément, néanmoins voir la console affublée de cette "fonctionnalité" supplémentaire permettrait sûrement de convaincre les plus réticents.

 

 La Xbox One S sur le terrain du multimédia :

 

Le lecteur par défaut proposé sur la Xbox One S s'avère identique à la version originale, autrement dit toujours limité, à l'exception pour cette version de la prise en charge des vidéos MKV, M2TS, TS ou MP4 encodées en HEVC 8/10 bits et VP9 jusqu'à 60 im/s. Les vidéos avec métadonnées HDR10 sont également gérées. Un petit plus apprécié, néanmoins le lecteur média reste relativement basique dans sa présentation à la manière de ce que l'on retrouve dans la plupart des téléviseurs, le principal est là néanmoins comme la possibilité de changer de piste audio et de sous-titres. Seul problème en l'occurence, il nous a été quasiment impossible de lancer le moindre fichier en USB (testé avec trois disques durs), le lecteur média se révèle trop instable à l'utilisation, et les messages d'erreur se multiplient dès lors qu'il s'agit de lire un fichier UHD 2160p, avec ou sans HDR, même bilan pour la plupart de nos fichiers 1080p à quelques exceptions près. C'est d'autant plus étonnant que ces mêmes fichiers, sont lus sans aucun problème en uPnP...


Pour ceux qui souhaitent lire leurs médias stockés sur un PC ou un NAS avec une interface plus attrayante, Plex est très clairement une solution à privilégier pour l'instant, d'autant plus que l'application est totalement gratuite et ne requiert pas de Plex Pass ni d'achat in-app sur Xbox. Emby peut également faire office d'alternative avec un web app accessible depuis le navigateur Microsoft Edge, à condition d'avoir au préalable installé et configuré Emby Server sur son PC ou NAS.

La compatibilité avec les Universal Apps permet toutefois d'entretenir l'espoir de voir apparaître plus de choix d'ici quelques temps, la team VLC a ainsi confirmée la disponibilité de son application dans le courant du mois d'août, tandis que l'on peut « espérer » voir arriver Kodi dans un futur relativement proche.

 

 Et les jeux vidéo ?

 

Là ou la Xbox Scorpio, conçu pour afficher les jeux en 4K natif s'appuiera sur une nouvelle architecture, la Xbox One S utilise le même SoC que la version standard, mais dans une version légèrement remaniée. La carte mère passe ainsi à une gravure 16nm au lieu de 24nm, tandis que la cadence du GPU est rehaussée de 853 MHz à 914 MHz, et l'ESRAM de 204 Gb/s à 219 Gb/s afin de permettre aux développeurs d'ajouter la compatibilité HDR à leurs titres, sans que cela ait une incidence sur les performances en comparaison de la version SDR sur la Xbox One standard.

Alors certes, le HDR est basé sur des métadonnées et ne requiert donc pas nécessaire davantage de puissance, mais Microsoft explique que ces 6 % supplémentaires permettent d'afficher un rendu HDR temps réel sur l'application GameDVR, le streaming et les captures d'écrans. Ce léger regain de puissance n'est pas forcément visible à l'utilisation, nos confrères de Digital Foundry l'expliquent d'ailleurs assez bien, sur les jeux bloqués à 30 im/s, autrement dit une large majorité du catalogue actuel, le gain est quasi-insignifiant. L'écart est un peu plus palpable sur les quelques titres dépassant cette limite, sans pour autant excéder les 10 images par seconde.


Il reste toutefois à préciser, que contrairement à certaines idées reçues, la One S ne sera pas en mesure de faire tourner des jeux en 4K. Du moins, pas totalement. Les développeurs qui le souhaitent auront bien accès à un framebuffer 4K pour afficher du 2160p natif, mais la mise en œuvre de celui-ci ne pourra se faire que sur des titres peu gourmands, il faudra la Scorpio pour goûter au 4K natif sur des jeux triple A. La compatibilité HDR elle, sera bien accessible à tous les titres, néanmoins la définition restera limitée au 1080p pour les gros titres, puis upscalée en 2160p.

5 - Conclusion

Sous ses faux-airs de "nouvelle" console, un rôle qui scierra davantage à la prochaine Xbox connue sous le nom de code Project Scorpio, la Xbox One S est une déclinaison attrayante de la version originale lancée en 2013. Nulle question d'évoquer ici ses performances en tant que console, ce débat n'a pas lieu d'être en considérant le faible écart avec le modèle standard, mais d'un point de vue multimédia, malgré les quelques couacs relevés tout au long de cet article, à bien des égards la Xbox One S peut être considérée comme une mise à jour réussie.

                                 


L'investissement est-il pour autant indispensable ? Pour les gamers équipés d'un diffuseur 1080p, l'évolution n'a aucun intérêt, la question se posera davantage pour les propriétaires d'un téléviseur Ultra HD ou un projecteur 4K qui souhaitent profiter de l'occasion pour investir dans l'Ultra HD Blu-ray. Surtout en considérant le tarif plus attractif des versions 500 GB et 1 TB disponibles dans ls prochaines semaines. Il faudra néanmoins que la firme de Redmond corrige rapidement l'absence de passthrough audio HD s'il souhaite réellement séduire les amateurs de Home-cinéma, certains se contenteront effectivement sans problème du format sans perte LPCM 5.1/7.1, ce ne sera en revanche pas le cas pour tous. La note sera revue à ce moment-là.

 

 
LA NOTE FINALE

 

3/5


CE QUE L'ON AIME
 Nouveau design séduisant
 Qualité de décodage Ultra HD Blu-ray et Blu-ray
 Upscaling UHD 2160p efficace
 Interface fluide et complète
 Netflix 4K et compatibilité avec les Universal Apps Windows
 La compatibilité avec les futurs jeux HDR (Gears of War 4, Forza Horizon 3, Scalebound, etc.)
 La nouvelle manette compatible Wi-Fi Direct et Bluetooth
CE QUE L'ON REGRETTE
 Absence de passthrough audio HD (MAJ à confirmer)
 Pas de double sortie HDMI
 Le HDR a tendance à s'activer sans raison (bug EDID)
 Lecteur média par défaut buggué (USB uniquement)
 Léger bruit résiduel sur certains pressages
 
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 11
 14

 

 Merci à nos amis de chez www.audiovideohd.fr pour ce test

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