BenQ W1090 : Pas de lens-shift mais toujours un bon rapport qualité/prix

09/11/2016



Le BenQ W1090 au banc d'essai :

Un an après le renouvellement complet de son offre de projecteurs entrée et milieu de gamme, avec tour à tour les W3000, W2000 et W1110, le fabricant taïwanais annonçait il y a quelques semaines le BenQ W1090, un énième vidéoprojecteur 1080p 3D à matrice DLP au positionnement tarifaire plus agressif. Vrai bon coup ou énième déclinaison ? Un peu des deux.

Après avoir passé en revue ces derniers mois une large partie de la gamme de projecteurs BenQ, nous allons aujourd'hui nous attarder sur le petit dernier de la famille, le W1090, censé succéder aux W1070 et W1070+. Le projecteur est commercialisé au PPI de 699 euros.

Présentation du vidéoprojecteur BenQ W1090 :

Tout comme le W1110 quelques mois plus tôt, le W1090 se pare pour l'occasion d'une nouvelle coque héritée de la série MH. Globalement rien d'extravagant, le châssis en plastique s'avère relativement solide pour un projecteur dans cette gamme de prix, les courbes sont plus standards, mais l'ensemble reste plutôt correct.

 

Du côté des spécifications, le fabricant nous avait présenté ce nouveau modèle comme le remplaçant (techniquement parlant du moins) du célèbre W1070. Exit la lampe UHP 240 Watts des W1070+ et W1110 au profit d'une lampe 210 Watts, tandis que la luminosité est abaissée à 2000 lumens pour un contraste dynamique de 10 000:1. Pas de changement en revanche sur durée de vie de la lampe qui atteint 3500 h en mode normal, 5000 h en mode Eco et jusqu'à 6000 h en mode Smart Eco.

Aucun changement non plus n'est à noter sur l'optique qui conserve un zoom 1,3x, permettant au W1090 de projeter à 2,30 mètres une base d'image de 2 mètres. La correction de trapèze gagne légèrement en souplesse avec une correction verticale à ± 40°, néanmoins la baisse de prix fait ici comme principale victime l'absence de lens-shift vertical. Une absence regrettable qu'il faudra prendre en considération lors du choix d'un support, avec une potence réglable de préférence.

La partie connectique reste inchangée, nous retrouvons deux entrées HDMI 1.4 dont une entrée compatible MHL, des entrées vidéo Composante, Composite et VGA, une entrée audio analogique RCA, une entrée/sortie analogique mini-jack, un port USB (5V/1A), un port mini-USB (Service), une prise RS-232 et une sortie Trigger 12V.

Télécommande :

La télécommande reste identique au reste de la gamme de projecteurs de la marque. Outre le rétroéclairage des touches, les principales fonctionnalités sont accessibles pour changer de source, accéder au menu principal, activer le mode 3D ou accéder à certains réglages spécifiques (CMS, gamma, etc.). Les lunettes 3D sont quant à elles seulement disponibles en option.

Menus et réglages

Rien de neuf sur le soleil, nous retrouvons les mêmes menus que le reste de la gamme W. En complément des réglages habituels (luminosité, contraste, couleur, etc.), le BenQ W1090 propose plusieurs modes image, les classiques Standard, Cinema, Bright, Game, Sport et les modes ISF Day et ISF Night qui pourront être calibrés par un calibreur professionnel certifié. Deux mémoires utilisateurs sont également disponibles pour personnaliser les réglages, toujours pratiques dans le cas ou plusieurs sources sont employées.

   

En parallèle, nous avons accès au réglage température des couleurs qui permet de sélectionner un mode prédéfini (Froid, Normal, Chaud, Lampe native) ou d'ajuster manuellement les valeurs dans les hautes et basses lumières. Il dispose également d'un CMS réglable sur 3 axes (gain, nuance, saturation) pour les couleurs primaires et secondaires. Toujours aucun éditeur de gamma n'est présent, néanmoins les valeurs prédéfinies en usine (gamma 1.6 à 2.8) sont bien ajustées. En matière de processing pas de changement non plus avec les filtres Netteté et Réduction du bruit.

L'onglet affichage permet de définir le format d'affichage (Auto, 4/3, 16:9, Anamorphe, Letter Box, Réel), ajuster le zoom numérique et le trapèze, mais également de sélectionner manuellement le format 3D en sortie pour les vidéos 3D Side-by-Side et Top-and-Bottom. Le frame-packing est automatiquement détecté en lecture Blu-ray 3D.

Qualité traitement d'image, mesures et calibration du BenQ W1090:

Les projecteurs BenQ ont toujours présenté l'avantage d'offrir d'assez bons réglages en sortie de carton. C'est à nouveau le cas pour le W1090, mais dans une moindre mesure que les W1070+/W1110 et modèles supérieurs. Pour rappel, nous recherchons ici trois valeurs cibles : une température de couleur proche de la référence 6500K, un gamma à 2.2 (ou 2.4) et un DeltaE inférieur à 3.

L'échelle de gris montre une légère mise en avant des primaires vert/rouge au détriment du bleu, rien d'insurmontable, mais la température de couleur reste perfectible à 6277K pour un DeltaE à 2,5 de moyenne. Le gamma est quant à lui bien ajusté sur 2,22.

 

La colorimétrie est plutôt bonne, les saturations correctes malgré quelques petits ajustements nécessaires sur la primaire Rouge notamment, tandis que le Vert reste légèrement en dedans comme c'était déjà le cas sur ses prédécesseurs.

Les résultats en post-calibration sont excellents, au prix de quelques retouches manuelles de la température de couleur et du CMS. L'échelle de gris atteint une moyenne DeltaE de 0,4, tandis que nous avons opté pour un gamma à 2,38.

Les saturations sont globalement mieux ajustées jusqu'à 75 %, en revanche comme toujours, certaines saturations sont légèrement en deçà des 100 %, principalement le Vert et le Cyan, on peut toutefois difficilement demander mieux pour un modèle dans cette gamme de prix. Le ColorChecker affiche d'ailleurs une belle moyenne DeltaE de 1,4.

Qualité du traitement d'image :

La gamme W s'est toujours démarqué par la bonne qualité des optiques employées, une constante que l'on retrouve sans surprise sur le W1090. À l'instant du W1110, le projecteur délivre une très belle qualité d'image, la définition est excellente et le piqué appuyé. Des résultats largement satisfaisants pour les bases d'image inférieure à 3 mètres.

La section post-processing reste identique à ce que nous voyons maintenant depuis quelques années, le filtre Netteté apporte un gain relativement intéressant sur les contenus HD, le caractère progressif des paliers permettant un ajustement précis. Il s'avère toutefois inutile pour ceux qui emploient un lecteur Blu-ray ou un boîtier multimédia doté d'un traitement d'image plus performant à l'instar de solutions du type VXP, Marvell ou Darbee par exemple.

Contraste :

Comme nous l'indiquions déjà pour le W1070+ puis le W1110, le fabricant s'est principalement attardé ces dernières années à améliorer la recette originale par petites touches, une des raisons qui explique aussi le fait qu'un certain nombre d'entre vous aient conservé le W1070 original. La version Plus apportait une luminosité rehaussée, tandis que le W1110 inaugurait une nouvelle coque et un input lag plus faible. Le W1090 s'inscrit dans la continuité, ni plus ni moins.

Comme l'ensemble des projecteurs entrée de gamme à matrice DLP, le contraste s'avère correct, mais les noirs ont toujours cette tendance à tirer vers le gris foncé, tandis qu'un léger fourmillement reste perceptible sur les scènes en basses lumières, un phénomène moins perceptible avec un recul de 2-3 m.

À l'opposé, les amateurs d'images lumineuses apprécieront sans nul doute la puissance du W1090, en mode lampe Eco (ouverture maximale) le projecteur produit encore 100 cd/m² sur une base 2m40. Les séances en pleine journée seront donc loin d'être un problème, comme c'était d'ailleurs déjà le cas pour ses prédecesseures.

Fluidité :

Malgré l'absence de système d'interpolation, le W1090 offre une bonne fluidité sur les contenus 24p. Certains travellings trahissent la présence de légères micro-saccades, mais le phénomène reste dans l'ensemble discret.

Image 3D :

Rien à signaler de particulier là non plus, le W1090 conserve les mêmes qualités que ses prédécesseurs, le projecteur délivre une image 3D de qualité qui allie précision, naturel et luminosité (mode lampe haut automatique), tout juste peut-on noter ci-et-là quelques traces de crosstalk, mais rien de rédhibitoire.

Input lag :

Le W1090 affiche un excellent input lag de 33,1 ms, soit 2 images de retard par seconde. Une mesure identique quel que soit le mode image sélectionné, ce qui explique d'ailleurs sans doute la suppression du mode Jeu qui n'avait déjà aucune utilité sur le W1110.

Conclusion : notre verdict sur le projecteur BenQ W1090

Sans réinventer la roue, le W1090 confirme l'hégémonie de la marque taïwanaise sur le marché des vidéoprojecteurs DLP entrée de gamme. Reprenant les qualités qui ont fait le succès au fil des années des W1070, W1070+ et le plus récent W1110, le BenQ W1090 est sans aucun doute l'un des meilleurs projecteurs à moins de 700 euros. Seul bémol, l'ombre du W1070 plane encore derrière lui...

La volonté de diminuer les coûts avec l'absence de lens-shift est compréhensible, une occasion pour BenQ de conforter (à nouveau) son statut et d'attirer de nouveaux amateurs de vidéoprojection. Toutefois, en considérant le fait que les W1070 et W1070+ restent encore commercialisés, à moins d'être féru de jeux vidéo, ces deux options restent encore selon nous à privilégier en attendant leur retrait progressif des étals.

 

La note finale
 
4/5


Notre verdict

Une nouvelle déclinaison réussie. Malgré l'absence de lens-shift, qui ne manquera pas de faire grincer quelques dents, le BenQ W1090 est aujourd'hui l'un des meilleurs vidéoprojecteurs 1080p 3D à technologie DLP dans sa gamme de prix. Pour les amateurs de films et jeux au budget serré, ou tout simplement les nouveaux venus désireux de faire leurs premiers pas dans la vidéoprojection, le W1090 est un choix à considérer. En revanche, si le lens-shift est une caractéristique impérative, il faudra considérer d'autres alternatives.


Ce que l'on aime
 Une image HD de qualité, naturelle et précise
 Une belle colorimétrie
 Une bonne puissance lumineuse
 Un contraste correct
 Bon input lag

Ce que l'on regrette
 Pas de lens-shift
 Un design plus convenu
 Niveau de bruit en mode lampe normal
L'ombre du W1070 plane toujours


Merci a AudioVideoHD pour ce test 
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