Nouveau test réalisé par nos amis de DvdCritiques.com

24/06/2008
  

Voici un banc d'essai réalisé par Christian Brixy de DvdCritiques.com

Test du vidéoprojecteur Full HD Epson TW2000 : Quel contraste...


     

La technologie LCD transmissif a longtemps été décriée pour son faible contraste et la médiocre profondeur de ses noirs. Le DLP et le LCD réflectif ont attaqué précisément sur ce terrain en écartant la brèche constituée par le défaut intrinsèque des cellules LCD – leur transparence résiduelle. Cependant ces deux alternatives charrient elles aussi leur lot de défauts. Pour la première, c’est d’une part un niveau plus élevé de bruit à cause de la rotation de la roue, mais surtout le fâcheux travers de provoquer des effets Arc En Ciel (AEC). Pour la deuxième, on peut dire que c’est certainement ce qui existe de mieux sur le marché de la vidéo projection mais le prix élevé la cantonne à un public averti et plutôt nanti. Ce préambule pour vous informer que la tendance change et Epson vient de frapper un grand coup avec son dernier haut de gamme : le TW2000.

Si, on peut comprendre que le passage du HD-Ready (720p,1080i) vers le Full-HD (1080p) puisse apporter un gain discutable sur un téléviseur de petite taille, en revanche le pas est énorme sur un écran de cinéma et comme l’offre commence à s’étoffer (Epson TW2000, Panasonic PT-AE2000, Mitsubishi HC6000 pour ne parler que des appareils de référence) c’est un bon moment pour le franchir et accéder au meilleur du spectacle chez soi. Le TW2000 est un candidat plus que recommandable, et même si le prix est un peu plus élevé que ses concurrents directs, il constitue un modèle du genre en termes de contraste et de profondeur de noir

Premier contact

Le vidéoprojecteur Epson TW2000 n’a pas de grande originalité de design. Il reprend le châssis de son prédécesseur le TW1000 et arbore donc une ligne fluide comme une vague qui culminerait sur l’objectif. Sa couleur noire laquée lui confère une apparence résolument « mode » et assurera une discrétion absolue dans une salle obscure. Il faut avouer qu’en face de ces principaux rivaux, il est indéniablement le plus bel appareil du moment. Les ouïes d’extraction d’air chaud sont situées sur le devant de l’appareil. La ventilation de l’appareil est silencieuse (24dB) sans être non plus un modèle du genre mais qui est suffisamment discrète pour que l’appareil se fasse oublier des les premières images. Il est accompagné d’une télécommande, noire elle aussi, heureusement rétro-éclairée qui reprend les principales fonctions de l’appareil. Elle est d’ailleurs plutôt bien pensée et on y trouve un accès direct à toutes les entrées et aux réglages les plus courants. A l’heure de l’intégration à outrance, j’aurais apprécié qu’elle soit un peu plus universelle. Mais bon, une fois le projecteur calibré, on utilise plutôt la télécommande des autres éléments.

Mise en place

La mise en place du TW2000 est un véritable jeu d’enfant. Le double lens shift (décalage du bloc optique) permet de positionner le projecteur avec une marge de +/- 96% en vertical et +/- 47% en horizontal. De quoi se sortir de la quasi-totalité des situations. Bien entendu, il est toujours nécessaire que le l’axe de l’optique du vidéoprojecteur soit orthogonale à l’écran, sinon, gare aux déformations.

Le zoom optique (x2.1) permet d’obtenir une image de 220 cm de base pour un recul compris entre 3m et 6,4 m qui correspond à une amplitude cohérente avec la majorité des salles personnelles. Les réglages du zoom et de la mise au point se font manuellement. C’est regrettable que ces fonctions ne soient pas motorisées sur cette gamme (son ancêtre le TW200 l’avait…). Néanmoins l’optique Fujinon se manipule aisément « à la main » et une fois réglée, on y revient rarement.

La technologie

Le TW2000 s’organise autour de la nouvelle matrice Epson C² Fine (Crystal Clear Fine) D7 tri LCD 1920x1080 qui lui vaut son estampillage « Full HD ». Une génération supplémentaire pour les grilles LCD qui apporte un gain en en ouverture en passant de 43% à 52%. Sur le terrain, cela  se traduit par une diminution de l’effet de grille et une augmentation du rendement lumineux et donc, à lampe identique, de la luminosité. On passe en effet ici de 1200 lumens sur le TW1000 à 1600 lumens sur le TW2000.

Matrice D7
La nouvelle matrice D7

 L’Epson est annoncé avec un contraste de 50 000:1… difficile à vérifier sans outils de mesure mais force est de constater qu’il est le plus contrasté de sa catégorie. Ce taux de contraste important est obtenu en complétant l’utilisation des nouvelles matrices par deux technologies supplémentaires. La première est bien connue de tous et consiste à faire varier la quantité de lumière par le biais d’un iris asservi à la composition de l’image. Le diaphragme se ferme sur des images sombres ce qui augmente la profondeur des noirs et s’ouvre sur des images claires ce qui augmente la luminosité. Ce procédé n’est réellement confortable que si l’iris est rapide évitant ainsi les effets de pompage (comme ceux que j’avais observé sur le Mitsubishi HC5000). Ici l’iris est ajusté 60 fois par seconde ce qui n’occasionne pas de gène visible (en tout cas, je n’en ai pas eu tout au long de mes divers essais). La seconde, appelée DeepBlack (technologie propriétaire Epson) deux filtres polarisant en aval et en amont des matrices (polarisation horizontale et polarisation verticale) qui permet de mieux bloquer la lumière et donc de renforcer les noirs.

Dernière élément sur le parcours de la lumière, le cinema filter. Ce filtre est un véritable filtre, débrayable qui se positionne sur le trajet de la lumière. De couleur rosé (c’est du moins le reflet qu’il renvoie), il est sensé rétablir l’équilibre spectral de la lampe autour du D65.

Côté traitement Video, on trouve une puce Pixelwork DNX référencée PW328 qui est en charge du désentrelacement et de la mise à l’échelle en 1920x1080. Ce n’est pas à proprement parler un foudre de guerre et j’ai, pour ma part observé des performances supérieures avec la mise à l’échelle d’une PS3. Même si ce vidéo projecteur a le record de contraste et probablement les plus beau noirs dans sa gamme de prix, le HC6000 équipé du fameux Reon HQV reste un sérieux concurrent pour qui ne va pas visionner que des programmes HD. La perfection n’est pas de ce monde.

Connectique

Pas de soucis côté connectique puisque hormis la prise DVI-D qui n’est plus vraiment d’actualité, on trouve deux prises HDMI compatibles version 1.3, un trio YUV, une prise VGA et enfin les doyennes Vidéo composite et S-Video. Notons au passage la présence aussi d’une prise de déclenchement à distance (trigger out) et d’une prise RS-232 destinée à la maintenance du VP.


La face arrière du TW2000

 Sur le dessus de l’appareil, on trouve les commandes principales en redondance avec la télécommande. Comme sur tous les vidéo projecteurs, le panneau de commande est simplissime et ne permet pas d’accès rapide au fonctionnalités majeures. Il est néanmoins suffisant pour naviguer dans les multiples options.

  


Le panneau de commande du TW2000

 Des performances impressionnantes

Une fois positionné et là il est encore une fois important de rappeler sa souplesse d’installation (lens shift), vient le moment des réglages à proprement parlé. Epson propose sept réglages paramétrés en usine : vif (projections en salles lumineuses), Cinéma de jour (projections dans des pièces aux rideaux tirés), Naturel (projections en salles sombres), Cinéma de Nuit (projections en salles sombres), HD (tonalité de couleur claire semblable à celle des moniteurs professionnels utilisés pour la création de logiciels DVD), Écran argenté (tons chaleureux) et enfin x.v.Collor (convient à la reproduction de couleurs beaucoup plus naturelles). Hormis les deux premiers modes, tous les autres utilisent le CinemaFilter. Epson conseille de commencer par le réglage Naturel et ensuite de faire varier les paramètres pour régler l’image la plus adaptée à vos goûts. Sachez qu’il permet tous les réglages que l’on peut vouloir. Luminosité et contraste bien entendu, mais aussi Gamma, RGB (gain, offset)… etc. Je vous invite à consulter le manuel utilisateur téléchargeable sur le site d’Epson pour vous donner une idée de l’amplitude offerte pour les réglages. Enfin, L’EMP-TW2000 bénéficie de la certification ISF (Imaging Science Foundation), qui lui permet donc d’être calibré par les professionnels certifiés pour offrir une projection optimisée in situ. Sans transition, passons maintenant au test proprement dit. J’ai, après quelques essais opté pour le mode HD, Iris auto avec un contraste légèrement augmenté. Premier essai, la scène d’introduction de l’épisode III de star wars. La colorimétrie est superbe, les tons sont tous bien positionnés, on sent que l’appareil en a sous le pied. Les scènes sombres sont parfaitement détaillées avec des noirs profonds rares en LCD transmissif. Chaque détail est bien reproduit et on ressent très rapidement la présence d’une matrice Full HD. Néanmoins, l’utilisation de l’upscale de la PS3 m’a donné des résultats légèrement meilleurs avec moins de créneaux et une image un peu plus définie. La projection ne souffre d’aucune saccade et comme je le disais précédemment, l’iris automatique n’a pas généré d’effet de pompage. Second essai avec Ratatouille (Pixar) en Blu-ray 1080p 24p et là… que du bonheur. L’image prend un relief insoupçonné, les détails sur le pelage des rats sont visibles et d’une rare définition. Le tout reste d’un naturel impressionnant. Au bout de quelques minutes la HD devient une évidence.




Troisième essai Blade Runner Blu-Ray 1080p 24p. Ici, même si certains plans souffrent de leurs grand âge, la majorité du film est tout simplement grandiose. Les tons chair sont reproduis avec un réalisme saisissant. La profondeur de champs est décuplée notamment sur les scènes de vol en navette. Dans ce film à l’univers très sombre, le TW2000 est vraiment dans son élément. Les noirs sont très riches, détaillés et plongent vraiment le spectateur au cœur de cet univers glauque imaginé par Ridley Scott. Dernier essai; « Burnout Paradise » Jeu PS3 en 720p, cette fois ci avec le pré-réglage image « vif ». Même pour un non mordu de jeu comme moi, difficile de quitter la partie. C’est une évidence, mais tout prend une autre dimension. C’est une immersion totale dans la course avec une incroyable impression de vitesse, le 720p natif du jeu dessine des détails absolument renversants.

Conclusion

Ce TW2000 est une véritable réussite et va certainement réconcilier beaucoup de videophiles avec la technologie LCD. Outre le bruit un brin audible de l’iris auto et un upscaling améliorable, le TW2000 est un video projecteur très pointu et probablement une référence pour un bon moment.

 J’ai aimé

  • Le naturel et la précision de l’image
  • La profondeur des noirs
  • Le niveau de contraste
  • La richesse des réglages

J’ai moins aimé

  • Le bruit de l’iris auto
  • Une mise à l’échelle améliorable

 

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