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12/09/2025

La cellule phono : Le cœur de votre platine vinyle

Ah, le vinyle… Ce support intemporel qui a toujours sa place malgré la démocratisation du streaming et du numérique. Mais pour que votre platine vinyle transforme ces sillons en musique, plusieurs éléments sont nécessaires et parmi eux, la cellule phono.
 
Sans elle, votre disque ne serait qu’un frisbee noir et silencieux. Alors, comment fonctionne-t-elle ? Quelle est la différence entre une cellule MM et MC ? Et surtout, laquelle choisir et quel budget y consacrer ? 

Voici quelques éléments de réponse à toutes ces questions, ainsi qu'à d'autres que vous vous posez sûrement !






Une cellule phono, c'est quoi et comment ça marche ?
 
La cellule phono est le petit composant qui vient se placer au bout du bras de lecture de votre platine et qui a pour rôle de lire le disque qui, en tant que support analogique, est physiquement gravé d'un sillon. Plusieurs principes de fonctionnement ont vu le jour au cours de l'histoire, nous vous en parlons un peu plus bas. Concentrons-nous ici sur les cellules actuelles, soit les MM et les MC, qui représentent l'immense majorité du marché.

Comment ça marche ?  Trois composants sont nécessaires pour constituer une cellule phono :

- Le diamant : il vient se poser sur le disque et suit son sillon.
- Le cantilever : une sorte de petite tige qui porte le diamant et transmet ses mouvements au transducteur.
- Le transducteur : il se compose d'aimants et de bobines. En agitant un aimant près d'une bobine, on crée un courant électrique. C'est lui qui donnera naissance au signal.

>> Dans le cas d'une cellule MM (Moving Magnet) : 
Ici les bobines sont fixées au corps de la cellule et l'aimant est monté sur le cantilever.
Le diamant se pose sur le disque, suit le sillon, et les vibrations qui en résultent sont transmises à l'aimant grâce au cantilever. Les bobines étant toutes proches et l'aimant vibrant au rythme de votre musique, un courant électrique correspondant à celle-ci en résulte. Nous avons notre signal !

>> Dans le cas d'une cellule MC (Moving Coil) : 
Le principe est sensiblement le même que pour une cellule MM. La différence réside dans le fait que cette fois ci, ce n'est plus l'aimant qui est monté sur le cantilever mais la bobine. Autrement dit, les aimants sont fixes et c'est la bobine qui vibre.




• Les différents types de diamants :

- Pointe conique : Fiable et abordable, elle est présente sur les cellules d'entrée de gamme.
De forme conique, avec une section sphérique, elle ne permet pas une grande surface de contact avec le sillon. Cela se traduit par une lecture peu précise et manquant de détails, particulièrement sur les hautes fréquences.

Pointe elliptique : Sa pointe se compose de deux rayons, le rayon avant étant plus large que le rayon latéral. Cette forme lui permet une lecture plus précise des hautes fréquences, et une surface de contact plus élevée qu'une pointe conique. Elle présente donc une plus grande précision, une réponse en fréquence étendue et un taux de distorsion plus faible.

Pointe Shibata ou contact : Ce type de pointe est présent sur des cellules haut de gamme. Sa forme est dérivée de la pointe elliptique mais dont le principe a été plus poussé. Elle permet encore plus de surface de contact avec le sillon ce qui se traduit par encore plus de détails et de finesse des hautes fréquences, une réponse en fréquence encore plus grande et un taux de distorsion encore plus faible. Notez également que la grande surface de contact d'une pointe Shibata permet d'appliquer moins de force d'appui, ce qui préserve sa propre durée de vie ainsi que celle du disque.

Pointe microlinear : C'est le type de pointe le plus haut de gamme. Sa forme lui permet la surface de contact avec le sillon la plus grande possible, ce qui lui permet d'étendre encore plus la réponse en fréquence, d'augmenter encore le niveau de détails etc... Sa forme particulière est aussi la plus difficile à produire et donc la plus chère.





>> Important : Plus la surface de contact de la pointe avec le sillon est importante, plus elle relèvera de détails dans le sillon. Ce qui implique aussi les imperfections de vos disques. Si vos disques sont vieux, usés, rayés ou encore sales, les pointes les plus précises capteront le moindre défaut.



Cellules Phono : Depuis quand ça existe ?


• Les origines : le monde avant l’électrification (1877-1920)

En 1877, Thomas Edison invente le phonographe. Le principe est purement mécanique : une aiguille en acier suit les vibrations gravées sur un cylindre et les transmet à un diaphragme relié à un pavillon. Quelques années plus tard, en 1887, Emile Berliner lance le gramophone avec des disques plats, un format qui finira par dominer.

À cette époque, aucune cellule électrique n’existe. Le son est faible, déformé, et l’usure des supports énorme, car les aiguilles sont lourdes (souvent en acier) et la force d’appui dépasse les 100 grammes. Pourtant, ces systèmes mécaniques marquent la naissance de la reproduction sonore domestique.





• Les premières cellules électromagnétiques (années 1920-1930)


L’arrivée des amplificateurs à lampes dans les années 20 change la donne. Désormais, il est possible d’amplifier un signal électrique. C’est à cette période qu’apparaissent les premières cellules électromagnétiques.

Ces modèles, souvent appelés “pickups” à l’époque, fonctionnaient selon ce principe : l’aiguille transmet son mouvement à un bras vibrant dans un champ magnétique, ce qui induit un courant dans une bobine. Ces premières cellules étaient très encombrantes et pesaient souvent plus de 100 grammes, nécessitant des bras massifs. Elles appliquaient une pression énorme sur les disques (jusqu’à 50 grammes), ce qui les usait rapidement. Elles restaient donc loin de la haute-fidélité moderne, mais elles représentaient une révolution pour l’époque.

Anecdote : en 1925, Western Electric commercialise l’un des premiers pickups électromagnétiques. Il équipera les phonographes de cinéma sonore, marquant la transition vers le film parlant.




• Les cellules piézoélectriques : la démocratisation (années 1930-1940)

Dans les années 30, la technologie piézoélectrique s’invite dans les tourne-disques. Les cellules à cristal convertissent les vibrations de l’aiguille en tension électrique via un cristal piézo. Elles sont simples, robustes, peu coûteuses et surtout ne nécessitent aucun préampli : leur signal est suffisamment fort pour attaquer directement un amplificateur.

Elles deviennent la norme sur les électrophones populaires des années 30 à 50. Leur principal défaut reste la qualité sonore : bande passante réduite (souvent limitée à 6-8 kHz), distorsion élevée, impédance énorme. Mais elles rendent la musique enregistrée accessible à des millions de foyers.

Anecdote : pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pick-up portatifs à cellule piézo étaient utilisés sur les fronts pour le divertissement des troupes.

 



• L’arrivée des cellules magnétiques modernes (1940-1950)

 

Après la guerre, le microsillon 33 tours LP (Long Play) est breveté en 1946 par Columbia Records, suivi par le 45 tours de RCA, prévus à l'origine pour les juke box. Ces disques nécessitent une lecture précise, avec une force d’appui réduite, pour préserver le sillon. Les cellules piézo deviennent insuffisantes. C’est là que sont inventées nous fameuses cellules MM et MC.

Ces cellules offrent une grande fidélité, avec une bande passante pouvant atteindre 20 Hz – 20 kHz. Mais elles produisent un signal très faible (quelques millivolts), ce qui impose l’utilisation d’un préampli phono avec correction RIAA, normalisée en 1954.

Marques pionnières : Ortofon (Danemark), qui lancera en 1959 le légendaire SPU, une cellule MC encore fabriquée aujourd’hui et Shure (USA), qui deviendra le leader du marché dans les décennies suivantes.






• L'âge d'or et la haute fidélité (1950-1980) :


Durant cette période, le vinyle devient le support dominant et la cellule phono un objet de haute précision. Les innovations se succèdent, portant notamment sur la taille des diamants, elliptiques, puis Shibata et Line Contact pour lire plus finement les sillons. Les bras aussi se sont vu évoluer, de plus en plus légers, ils permettent des forces d’appui réduites à 1,5 g ou moins contre 8-10 g auparavant.

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Quelques modèles mythiques :

  • - Shure V15 (1964) : une référence mondiale en MM pour sa neutralité et sa précision.

  • - Ortofon SPU (1959) : la MC légendaire pour les audiophiles, encore produite.

  • - Denon DL-103 (1962) : développée pour la NHK (radio japonaise), toujours une icône audiophile.


Anecdote :
la Shure V15 Type III, lancée en 1973, était tellement performante qu’elle fut utilisée par la BBC comme référence.




 



Comment Choisir sa cellule ?
 
Il en va surtout de savoir quel budget allouer à son système. Car en effet, le choix de votre cellule doit se faire en fonction des autres éléments de votre installation. Par exemple, il serait dommage de monter une cellule à 100€ sur une platine à 2500€ et inversement. Il est important pour le rendu d'écoute, ainsi que pour votre budget, de respecter une certaine cohérence.

Quant à la différence entre les cellules MM et MC : Il faut surtout retenir que les cellules MM sont généralement des cellules d'entrée de gamme alors que les MC, qui se veulent plus performantes, seront plus onéreuses. En revanche, de très bonnes MM peuvent tout à fait égaler, voir surpasser certaines MC.

Les cellules MM présentent aussi l'avantage de pouvoir changer le stylus (diamant) sans devoir changer toute la cellule quand la pointe est usée. De plus, elles possèdent une plus grande compatibilité avec les préamplificateurs phono. Beaucoup d'amplificateurs ont un préampli phono intégré, qui bien souvent, sur les entrées de gamme, ne prend en charge que les cellules MM.

Lorsque l'on opte pour une cellule MC, c'est que l'on veut aller chercher la perfection. Elles sont t
aillées pour les audiophiles exigeants et présentent plus de détails, de précision et de dynamique.
 
Nos recommandations MM :
- Ortofon 2M Red
- Ortofon 2M Blue
- Gold-Note Vasari Shibata
 
Nos recommandations MC :
- Denon DL-103R
- Hana SH MkII
- Ortofon SPU
- Hana Umami Blue


Pour toute question quant à votre choix de cellule, ou si vous voulez vous offrir une cellule d'exception, n'hésitez pas à nous contacter !
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