1- Passive ou active : la distinction fondamentale
C'est la première question à poser avant toute autre chose, parce qu'elle conditionne l'ensemble de votre installation.
L'enceinte passive
Une enceinte passive ne peut rien faire par elle même car elle ne contient pas d'amplificateur ou quoi que ce soit d'autre. C'est juste l'élément qui va diffuser le son. Elle reçoit un signal qui provient d'un amplificateur séparé. C'est le modèle traditionnel de la hi-fi : vous choisissez vos enceintes d'un côté, votre amplificateur de l'autre, et vous les associez selon vos goûts, votre budget et les contraintes techniques.
Ce fonctionnement offre une grande liberté : on peut faire évoluer chaque composant indépendamment, changer d'amplificateur sans toucher aux enceintes (ou l'inverse), et affiner progressivement son installation. C'est aussi pour ça que les passionnés de hi-fi plébiscitent souvent ce format.
• Sur la fiche technique d'une enceinte passive, vous trouverez deux paramètres importants pour l'association avec l'ampli :
- La sensibilité, ou rendement, désigne le volume sonore créé par l'enceinte en fonction d'une puissance donnée. Elle est souvent exprimée en décibels sous 2,83V/1m, ce qui correspond à 1W pour une enceinte de 8 ohms. Autrement dit, une enceinte 8 ohms à 90 dB de sensibilité produira 90 dB avec 1 watt. Chaque +3 dB correspond à un doublement de la puissance nécessaire. Une enceinte dite sensible (≈ 89 dB et plus) se contentera d'un amplificateur modeste ; une enceinte peu sensible (≈89 dB ou moins) aura besoin de plus de puissance pour "s'ouvrir".
Deux philosophies s'affrontent ici :D'un côté, des marques comme
Klipsch ou
Atlantis Lab ont bâti toute leur réputation sur le haut rendement : la
Klipsch Cornwall IV affiche une sensibilité de 102 dB, ce qui lui permet de fonctionner avec quelques watts seulement, idéale avec un amplificateur à tubes.
Jean-Marie Reynaud ou encore
Monitor Audio, propose nombre de modèles aux alentours de 90 dB, qui se contentent eux aussi d'amplificateurs à la puissance relativement modeste.
De l'autre côté,
Dynaudio revendique une approche radicalement différente : leurs enceintes se placent toutes sous la barre des 88dB. Un paramètre qui réclame un amplificateur capable de délivrer du courant en quantité. Ce n'est pas un défaut de conception : c'est un choix assumé, qui permet à
Dynaudio de concevoir des haut-parleurs avec des paramètres acoustiques très contrôlés et le son qui leur est propre.
Attention : Ce n'est pas qu'une question de volume ! Même les enceintes
Dynaudio sont capables de générer un volume élevé avec un ampli pas très costaud, mais ce dernier sera poussé dans ses retranchements. C'est surtout une question de tenue et de dynamique, il est bien entendu inutile d'utiliser tous les Watts d'un ampli puissant, mais les avoir en "reserve" peut tout changer.
Pour illustrer un peu, c'est comme rouler à 200 km/h : dans une Porsche 911, c'est un plaisir et tout se passe bien car la voiture est capable de bien plus. À l'inverse, dans une Renault Clio, on pense à son assurance vie.
- L'impédance nominale, exprimée en ohms (Ω). Elle indique la charge que l'enceinte impose à l'amplificateur. La plupart des enceintes hi-fi sont à 8 Ω, certaines à 4 ou 6 Ω. Plus l'impédance est basse, plus l'amplificateur doit fournir de courant. Là encore,
Dynaudio, s'illustre
avec des impédances faibles, généralement 4 ou 6 ohms (entre sensibilité faible et impédance basse, les enceintes Dynaudio sont réputées pour être TRES gourmandes, mais croyez nous, elles vous le rendent très bien).
Attention : Ne pas confondre impédance nominale et impédance réelle. L'impédance nominale est une valeur repère donnée par le fabricant pour donner une indication générale de la charge que l'enceinte présente à l'amplificateur.
L'impédance réelle, elle, varie en permanence en fonction de la fréquence du signal. En fonction des enceintes, elle peut descendre à 3-4 Ω sur certaines plages de fréquences telles que les bas-médium et peut remonter jusqu'à 20-30 Ω sur d'autres fréquences.
L'enceinte active
Une enceinte active intègre sa propre amplification. La plupart intègrent également un DAC, un module Bluetooth ou Wi-Fi, et parfois même un préampli complet avec entrée phono. Autrement dit, c'est une chaine Hi-Fi complète qui tient dans les enceintes.
Un exemple représentatif : les
KEF Coda W, actives et équipées d'une double amplification de 70 watts pour le woofer et 30 watts pour le tweeter en classe D, avec entrée phono, HDMI ARC et Bluetooth intégrés. Tout est pensé pour fonctionner ensemble dès la sortie de la boîte.
L'avantage principal : la chaîne est optimisée d'usine. Le ou les amplificateurs intégrés sont dimensionnés pour les haut-parleurs de l'enceinte. C'est un vrai gain en termes de simplicité et souvent en termes de cohérence sonore. Cela permet aussi d'éviter de collectionner les appareils et de gagner de la place.
L'inconvénient : en cas de panne de l'électronique, toute l'enceinte est concernée et on perd aussi toute l'évolutivité d'une chaine traditionelle avec laquelle on pourrait améliorer son ampli, puis ses enceintes etc...