L'arrivée du home-cinéma dans les années 1990 représente à la fois une opportunité et un défi pour
Klipsch. La marque lance en 1997 la gamme Reference, pensée pour les systèmes multicanaux. Ces enceintes sont plus accessibles en prix, fabriquées en partie avec des matériaux moins nobles, mais elles conservent le principe des pavillons Tractrix, une évolution du pavillon originel, cette fois géométriquement optimisée pour une diffusion plus homogène des hautes fréquences.
La gamme Reference connaît un succès commercial important et permet à
Klipsch de toucher un public bien plus large que sa base traditionnelle d'audiophiles.
C'est un tournant : la marque cesse d'être une référence confidentielle pour devenir une enseigne visible dans les grandes surfaces spécialisées. Ce n'est pas sans tension interne, mais c'est aussi ce qui permet à la société de rester viable et de continuer à investir dans ses lignes plus exigeantes.
Paul W. Klipsch lui-même reste actif dans l'entreprise jusqu'à un âge avancé. Il décède en 2002, à 98 ans, après avoir vu sa marque traverser plus d'un demi-siècle d'évolutions technologiques et culturelles. Son influence sur la philosophie de l'entreprise reste perceptible bien après sa disparition.
2011 et après : une nouvelle ère sous Voxx
En 2011,
Klipsch est rachetée par Voxx International, un groupe américain spécialisé dans l'électronique grand public qui possède d'autres marques audio. Le rachat suscite les inquiétudes habituelles dans ce genre de situation : perte d'indépendance, standardisation, dilution de l'identité. Dans les faits,
Klipsch conserve ses équipes, son siège et une autonomie relative dans ses choix de développement produit.
Les années qui suivent voient la marque s'aventurer dans de nouveaux segments : enceintes sans fil, écouteurs intra-auriculaires, barres de son. Certains de ces produits sont bien reçus, d'autres moins. Mais en parallèle, la gamme Heritage continue d'évoluer avec des mises à jour régulières : nouveaux pavillons, nouveaux haut-parleurs, nouvelles finitions, qui montrent que
Klipsch n'a pas abandonné ses racines audiophiles.
Ces dernières années, on observe un retour d'intérêt marqué pour les enceintes à pavillons dans la communauté hi-fi, notamment chez les amateurs d'amplification à tubes.
Klipsch, avec ses modèles Heritage à haut rendement, se retrouve naturellement dans cette conversation, non pas parce qu'elle a suivi une tendance, mais parce qu'elle n'en avait jamais vraiment quitté les principes fondateurs.
La technologie qui distingue Klipsch
La signature sonore de
Klipsch repose sur trois éléments : les pavillons (horns), les haut-parleurs à compression et un rendement élevé. Cette approche favorise la dynamique, la rapidité et une certaine netteté dans la restitution des timbres.
Le Tractrix Horn, apparu dans les années 1990, est le pavillon maison. Il est conçu pour diffuser le son de façon régulière et limiter la dispersion parasite aux hautes fréquences. C'est une solution d'ingénierie, pas un argument esthétique, même si son aspect est devenu une marque visuelle reconnaissable.