Luxsin au High End de Vienne 2026 : quatre nouveaux appareils qui dessinent l'avenir de la marque
À peine un an après ses débuts remarqués avec le
X9 au High End de Munich 2025,
Luxsin revenait à Vienne avec une présentation nettement plus étoffée. Quatre appareils inédits ont été présentés, couvrant des usages allant du bureau audiophile haut de gamme jusqu'à la poche. Un signal clair pour une marque encore jeune, mais qui affiche une cadence de développement comparable à celle de sa sœur
Eversolo.
Pour mémoire,
Luxsin Audio est issue du groupe chinois
Zidoo, le même écosystème que les streamers
Eversolo qui ont bousculé le marché ces dernières années. Son positionnement est distinct : là où
Eversolo se concentre sur les lecteurs réseau et les amplificateurs intégrés,
Luxsin cible le segment DAC/ampli casque desktop, avec une forte identité visuelle et une architecture résolument technique. Le nom lui-même est une contraction de Luxury et Sine, deux mots qui résument assez bien l'intention de la marque.
BD9 + BH9 : le premier duo séparé de Luxsin
La nouveauté la plus structurante de cette édition viennoise est sans doute le lancement d'un combo en deux boîtiers distincts : le DAC BD9 et l'amplificateur casque BH9. Jusqu'ici,
Luxsin s'était toujours exprimé à travers des appareils tout-en-un. Ce choix de séparer les fonctions marque une montée dans la hiérarchie du catalogue, et une ambition plus affirmée vis-à-vis des audiophiles qui souhaitent composer leur propre chaîne.
Les deux unités sont conçues pour fonctionner ensemble, mais restent compatibles avec d'autres appareils. Côté design, on retrouve les codes visuels habituels de la marque : châssis massif en aluminium, flancs nervurés, façades taillées en prisme, écran tactile couleur et larges molettes de commande. Une esthétique reconnaissable qui établit une filiation claire avec les produits précédents.
BD9 : le DAC R2R maison fait son entrée
La connectique du BD9 est assez complète : entrées USB-C, USB-B, HDMI eARC, RCA S/PDIF et optique Toslink, récepteur Bluetooth, sorties Ligne/préampli en RCA et XLR. On note aussi la présence d'une entrée coaxiale 10 MHz pour horloge externe, un détail qui permet par exemple de synchroniser le BD9 avec un générateur d'horloge dédié, comme
l'Eversolo C10.
L'élément le plus notable techniquement est l'intégration d'un module de conversion R2R développé en interne, composé de 988 résistances.
Luxsin abandonne ici les puces de conversion classiques (ESS, AKM ou Cirrus Logic) pour proposer sa propre implémentation. C'est une prise de risque calculée : les modules R2R maison sont plus coûteux à développer, mais permettent une plus grande maîtrise de la signature sonore. Si les résultats seront à confirmer à l'écoute, l'intention est clairement audiophile.
L'autre détail qui attire l'attention est la molette de commande, qui se détache magnétiquement du châssis et fonctionne en Bluetooth. Elle intègre un petit écran tactile couleur permettant de naviguer entre les entrées à distance. Ce n'est pas une fonctionnalité indispensable, mais l'exécution est convaincante, la molette répondait sans latence perceptible lors des démonstrations au salon d'après les vidéo qu'on a pu voir.
BH9 : amplification symétrique et 10 W de puissance
L'amplificateur casque BH9 repose sur une architecture entièrement symétrique et une amplification linéaire. Les spécifications communiquées restent encore partielles, mais on sait qu'il dispose de trois sorties casque (jack 6,35 mm, jack 4,4 mm et XLR 4 broches) et peut délivrer jusqu'à 10 W sur les sorties symétriques, une puissance généreuse, de quoi alimenter les casques planaires les plus exigeants du marché sans compromis.
B9 : le module R2R greffé sur une base familière
Le B9 est visuellement très proche du
X9 lancé en 2025. La différence principale réside dans l'intégration du même module DAC R2R maison à 988 résistances que celui du BD9, en remplacement de la puce AKM d'origine. Ce choix suggère que
Luxsin entend faire de cette technologie de conversion propriétaire un marqueur distinctif de sa gamme haute.
L'appareil reprend également le système d'égalisation avancé introduit sur le
X8, qui permet de charger des profils par casque (courbes Harman, Diffuse Field, etc.) et d'interpréter des demandes de l'utilisateur via une interface IA pour ajuster la signature sonore. Le module d'amplification casque peut délivrer une tension de sortie de 6 V sur les ports symétriques.
Le P8 représente une première pour
Luxsin : un appareil portable. Conçu pour s'associer à un smartphone, et plus particulièrement à un iPhone, grâce à un système d'aimants compatible MagSafe, il entre dans la catégorie des dongles DAC/ampli casque ultra-plats, un segment moins encombré qu'il n'y paraît à ce niveau de finition.
L'appareil est entièrement en métal et embarque deux ports USB-C, une sortie jack 3,5 mm, une sortie jack 4,4 mm équilibrée, une molette de volume et un bouton de navigation. La puissance de sortie n'a pas été communiquée.
Ce que ces annonces disent de Luxsin
En l'espace d'un an,
Luxsin est passé d'un seul produit à un catalogue de six appareils couvrant plusieurs usages et plusieurs budgets. Le passage à une architecture séparée DAC + ampli casque avec le duo BD9/BH9 est un signal de maturité. Le développement d'un module R2R propriétaire montre que la marque ne souhaite pas se contenter d'assembler des composants existants, mais cherche à construire une identité technique propre. Et le P8 ouvre un territoire jusque-là inexploré pour le groupe.
Il reste encore beaucoup d'inconnues : les tarifs européens, les dates de disponibilité précises, et surtout les performances réelles à l'écoute. Les spécifications et les choix techniques sont prometteurs sur le papier, mais
Luxsin devra confirmer ces intentions à l'usage, comme elle l'avait fait avec le
X9 lors de ses débuts. Les prochains mois seront décisifs.